Eglise Saint-Jérôme L'Adoration Perpétuelle à Toulouse

Pâques 2020

Père Lizier de Bardies |  15 avril 2020

Homélie Pâques 2020 Jean 20

Que c'est difficile de croire autre chose que ce qu'on a imaginé ou espéré !

Au petit matin du premier jour de la semaine, alors que « c'était encore les ténèbres » extérieures et aussi intérieures, Marie Madeleine et d'autres femmes se rendent au tombeau. Elles voient la pierre enlevée du tombeau. Elles courent jusqu'à Pierre et Jean pour leur dire : « On a enlevé le Seigneur du tombeau et nous ne savons pas où on l'a déposé. »

Pierre et Jean partent en courant, suivis de Marie Madeleine et des autres femmes. Jean arrive le premier et n'entre pas dans le tombeau. Il attend Pierre qui entre d'abord et constate que le corps n'est plus là et que tout le reste est en ordre, bandelettes et suaire qui avait enveloppé la tête. Jean entre à son tour. « Il vit et il crut. Jusque-là en effet, les disciples n'avaient pas compris que, selon l'Ecriture, il fallait que Jésus ressuscite d'entre les morts. »

Le corps n'est plus là : Marie Madeleine pense qu'on l'a enlevé, Pierre n'en dit rien, Jean voit et croit qu'il est ressuscité. Le disciple que Jésus aimait avait été touché au cœur, pourrait-on dire, en écoutant Jésus parler de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Il était resté au pied de la croix avec Marie qu'il avait reçu pour mère. Peut-être celle-ci l'a-t-elle ouverte à l'espérance. Il attendait cette fameuse résurrection. Il voit le tombeau vide et il croit au Ressuscité. Oh Bien sûr, il faudra la future rencontre pour entrer dans cette nouvelle amitié que la mort ne saurait interrompre.

Pâques 2020 nous rejoint alors que l'humanité est frappée par une pandémie sans précédent. Où est Dieu se demandent certains ? Et se rejoue la tragédie du Golgotha. Les uns se moquent de ce Dieu impuissant. D'autres réclament un signe fort, la fin de la pandémie, pour croire. D'autres regardent cela de loin ou s'en prennent aux chefs qui ont mal agi. D'autres enfin se font proches de leurs frères dans le besoin, les soignent, permettent à tous de traverser l'épreuve. A chacun selon ce qu'il est, ce qu'il imagine de Dieu !

Jean, le disciple que Jésus aimait, croit. Il croit que, comme il a toujours été, le Seigneur demeure proche des petits, des malades, des découragés, des désespérés et qu'il va venir « réchauffer les cœurs » et « éclairer les esprits ». Il va même montrer que le tombeau n'a plus le dernier mot. Il a dû arriver avant Pierre pour dire aux autres et à Marie : « Il n'est plus dans le tombeau, il est ressuscité ! Il a vaincu la mort. Son chemin d'immense bonté, son amour jusqu'à l'extrême ont porté leur fruit. Il est vivant. »

Seigneur, fortifie notre foi. Donne-nous de voir ce que nous croyons, de voir ta compassion à travers celle des hommes, ta lutte contre le mal à travers l'engagement de beaucoup, ta bonté à travers celle des uns et des autres, ta victoire sur la mort à travers l'espérance des croyants.

Seigneur, nous te rendons grâce pour ce sacrement de la fécondité de ta vie donnée pour la multitude et à travers lequel « nous annonçons la mort du Seigneur jusqu'à ce qu'il vienne. »

Permets Seigneur que la Vierge Marie, ta Mère, qui a porté seule l'espoir du monde grâce à sa foi en ta parole, nous entoure « maintenant et à l'heure de notre mort. »