Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

Le temps de Dieu passe par les réalités humaines blessées…

Père Michel Pagès |  18 septembre 2025

Qu'est-ce que « l'argent trompeur » du récit évangélique ? (Luc 16, 1-13). Certains disent qu'il a une dimension démoniaque lorsqu'il prend possession d'une personne ou lorsqu'il n'est plus un instrument, un serviteur, mais un maître. « Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière » Jésus n'exclue personne, d'emblée, il est lucide sur les tentations de ce monde. Il note l'habileté, mais pas toujours pour de bonnes causes. Il signifie, en tout cas, qu'il ne faut rejeter personne trop vite et qu'il faut veiller à en faire des amis capables de trouver le juste chemin. Car, qui sait, un jour « ces amis vous accueilleront dans les demeures éternelles » ! « Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose, est digne de confiance aussi dans une grande ». Cette affirmation de Jésus est quasiment devenue un proverbe. Voyez bien que nous sommes toujours attendus « dans les petites choses » et que là, se joue un enjeu d'éternité. Je pense à ces propos de l'Epitre aux Hébreux (13, 2) « Ne négligez pas de pratiquer l'hospitalité car, certains, en l'exerçant, ont accueilli des anges sans le savoir ». Loin des grands discours ou des projets trop audacieux, il y a l'ordinaire qui peut se revêtir d'extraordinaire. C'est bien dans les petites choses, les relations ordinaires, un souci de droiture, une ouverture de cœur, une forme ou l'autre de générosité, un sens de l'accueil, une capacité de patience qu'on reconnaît la vérité des personnes et des témoins. Ce n'est pas d'abord, le rapport à l'argent trompeur qui fait la vérité des personnes, c'est leur capacité à en faire un usage juste, sincère, fraternel. Je pense à Zachée (Luc 19, 1-10) collecteur d'impôts zélé pour lui-même et pour l'occupant romain. Il prend conscience de son ambiguïté quand Jésus s'invite chez lui. Lui, si à l'aise avec les affaires d'argent, attend et espère mystérieusement quelque chose d'autre, au point de monter sur un arbre pour voir Jésus. Et tout bascule, en effet, quand Jésus lève les yeux vers lui, juché sur son arbre. « Descends vite, Zachée, il faut que j'aille demeurer dans ta maison ». Jésus lui reproche-t-il quelque chose ? Non, mais il s'intéresse à lui, envers et contre tout et son cœur change : « Je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens ». Zachée transformé de l'intérieur et dans son rapport aux biens du monde, a trouvé une réponse à sa quête profonde et cela a commencé par une lucidité sur ses limites. Zachée est appelé par son nom et non par sa fonction. Il est renvoyé à une vie plus juste et plus vraie. Le temps de Dieu passe par les réalités humaines blessées, mais pour les changer et c'est pour notre bonheur… Père Michel Pagès, recteur du Sanctuaire