Père Michel Pagès | 12 septembre 2025
Quel est-il ce monde que Dieu « a tant aimé » ? L'évangéliste St Jean nous dit qu'il est ce monde qui n'a pas reçu la Parole qui sauve (Jn 1, 10), ce monde qui rejette Jésus (Jn 7,7), ce monde qui refuse sa Vérité (Jn14, 17) ce monde, qui, même, se réjouit de sa mort (Jn 16,20)…Comprenons, si Dieu aime ce monde, ce n'est pas parce que ce monde est « aimable », mais parce que Dieu a décidé de l'aimer envers et contre tout ! L'amour de Dieu n'est pas un sentiment, c'est une volonté et un acte qui doit interpeller notre monde. Comme l'amour d'un père pour son fils, l'amour qui est sur nous n'est pas un amour qui retient, mais un amour qui veut sans cesse nous remettre debout. L'Evangile précise: « Dieu a donné son fils ». Il ne s'est pas contenté de l'envoyer, il l'a donné ! Avons-nous compris que ce don est pour chacune de nos vies, pas toujours si aimable et pourtant aimée ! L'instrument, le signe de cet amour est la Croix de Jésus. Lors de la découverte de la vraie Croix, on a rendu aux fidèles cet instrument pour qu'il le vénère, pour qu'il prenne la mesure et le prix de cet amour. L'instrument de la mort est devenu instrument de vie. Suite à la découverte de la Croix, cette vénération du IVe siècle à Jérusalem a donné sens, à la liturgie du Vendredi Saint pour le monde entier. On vénère le bois de la Croix pour prendre la mesure de cet amour universel. « Pour que, quiconque met sa foi en lui, ne se perde pas mais ait la vie éternelle » dit l'Evangile. La Croix, réalité de souffrance et de mort, est devenue « arbre de vie », signe d'espérance et de force, instrument de guérison et de conversion. Elle ouvre à une éternité de vie qui n'est par « une perpétuité » mais une vie ouverte à un avenir en Dieu, au-delà de la mort, plus profonde que la vie ordinaire. « Et voici le jugement…Dieu n'est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver ». ajoute l'Evangile. Avant de condamner et malgré les mille tourments du monde et des hommes, Dieu les assume en Jésus « parce qu'il est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Jusqu'au bout, l'homme est appelé au salut ! Par mon acte de foi, je suis invité à comprendre que Dieu est amour et qu'il porte sur moi un regard bienveillant. Mais celui qui ne se voit pas sous le regard bienveillant de Dieu, se condamne lui-même à vivre sous le jugement qui compare, qui évalue les performances, qui envie, qui enferme et finit par se condamner. Alors que le chemin le voici : « La lumière est venu dans le monde et celui qui fait la vérité vient à la lumière »…Père Michel Pagès, recteur du Sanctuaire