Mgr Georges Pontier | 7 septembre 2025
Dimanche dernier St Luc nous invitait à être comme le sage : « Une oreille qui écoute ». Aujourd'hui il nous rapporte la suite de l'enseignement de Jésus : le chemin de celui qui veut être son disciple conduit à une préférence, celle du Bien-Aimé. Il s'agit de l'imiter, de le préférer dans son cœur et dans ses choix de vie. « Si quelqu'un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et ses sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. » Il s'agit de l'amour de préférence, celui qui remplit le cœur, oriente les choix de vie, pénètre les pensées. Il s'agit de cet amour dont Jésus lui-même s'est fait le messager et le témoin : l'amour de Dieu, l'amour en Dieu, l'amour de Dieu pour nous, l'amour du Fils bien aimé pour son Père et pour ses frères en humanité : Il ne cherche pas sa propre volonté mais celle du Père. « Que ta volonté soit faite », nous enseigne Jésus dans le Notre Père mais surtout dans et par toute sa vie.
Il se trouve qu'aujourd'hui à Rome, le Pape Léon XIV canonise deux jeunes italiens : l'un, Pier-Giorgio Frassati, mort en 1925 brusquement à l'âge de 24 ans d'une forme aigue de poliomyélite au début du XXème siècle et l'autre, Carlo Acutis mort en 2006 d'une leucémie foudroyante, à l'âge de 15 ans. Cela fait de celui-ci le premier canonisé du vingt et unième siècle. Ce n'est pas pour les circonstances de leur mort qu'ils sont canonisés, mais pour la fécondité de leur courte vie.
A cent ans d'intervalles, voilà un jeune homme et un adolescent qui ont vécu de cet amour de préférence pour le Christ, tout en ayant la vie habituelle des jeunes de leur temps. Leur amour de préférence pour le Christ s'est manifesté par leur lien au Christ dans le mystère de l'eucharistie. D'une façon unique et exemplaire, ils ont été touchés par la présence du Christ dans l'eucharistie et ils se sont livrés au rayonnement de cette présence. Rapidement, la communion devient pour eux une expérience quotidienne dont ils ne pouvaient se passer. Ils allaient y retrouver leur préféré. Cela ne les empêchait pas de vivre leur vie de jeunes avec leurs amis qui en ont témoigné. Carlo Acutis était même un géant de l'informatique, mettant ses compétences au service de l'annonce de l'amour de Dieu. Il voulait évangéliser ce nouveau continent de l'informatique. Ils ont également eu tous les deux une qualité d'attention pour les petits et les pauvres : le premier en s'engageant dans les conférences de St Vincent de Paul et l'autre dans des actes de charité et de générosité qui n'étaient pas sans interpeller ses parents et ses amis. Toujours habité par la compassion pour les petits, Il disait « Le bonheur, c'est d'avoir le regard tourné vers Dieu. La tristesse, c'est d'avoir le regard tourné vers soi-même. » Ils furent les premiers évangélisateurs de leur famille, les conduisant à cet amour de préférence pour le Christ.
Rendons grâce à Dieu qui nous donne ces deux nouveaux saints comme des frères ainés qui nous entrainent sur le chemin de disciple. Retenons en particulier ce qui a rayonné de leur vie : l'amour du Christ présent dans l'eucharistie. Carlo Acutis appelait l'eucharistie « Une autoroute pour le ciel » et la compassion pour les pauvres à l'image de leur bien-aimé durant sa vie terrestre. Leur maladie ne les a pas détournés de leur espérance chrétienne : ils allaient enfin retrouver Celui que leur cœur aimait et qui s'était révélé comme l'amour de leur vie.
Béni soit Dieu pour son amour infini. Mgr Georges Pontier