Mgr Georges Pontier | 31 août 2025
Ce dimanche ouvre la semaine de reprise du rythme habituel de nos vies : les vacances sont terminées, les écoles ouvrent leur porte. Chacun reprend son poste. La vie ordinaire nous reprend, si on peut ainsi s'exprimer.
La Parole de Dieu nous rejoint et peut nous éclairer dans ce moment de reprise. La première lecture tirée du livre de Ben Sira le Sage nous présentait l'emblème de celui qui est sage dans la vie : Une oreille qui écoute. Voilà le sage : une oreille qui écoute ! « Ecoute-moi, tu ne m'écoutes pas, personne ne nous écoute ». Autant d'expressions qui expriment l'importance de l'écoute les uns des autres pour prendre soin des autres et sortir de notre petit monde. L'écoute en famille, l'écoute du souffrant, L'écoute des petits par ceux qui ont des responsabilités ou qui ont le pouvoir, l'écoute dans les lieux de travail, l'écoute en Eglise, dans nos communautés. L'écoute de Dieu dans nos vies intimes. Nous savons dire à Dieu : « Ecoute-moi, » sans avoir mis notre cœur en écoute de Dieu, de sa présence, en nous, en nos vies, dans sa parole, dans les sacrements, dans la charité. Voilà une belle invitation à accueillir : suis-je « une oreille qui écoute » plutôt qu'une bouche qui parle et qui reparle, qui occupe la scène ?
De son côté, l‘évangéliste Luc nous rapportait dans la lecture que nous venons d'entendre les conseils donnés par Jésus à ceux qui l'ont invité : « Quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Quiconque s'élève sera abaissé ; et qui s'abaisse sera élevé. » Jésus fera de ce chemin celui qu'il emprunte pour nous révéler le cœur du Père. Lui, le fils bien-aimé a pris l'humble place de celui qui naît loin de chez lui, qui passe une trentaine d'années dans l'anonymat d'une petite bourgade, et qui vient jusqu'à la dernière place, celle du rejeté, du condamné, du crucifié. C'est celui-là que le Père élève, relève, remplit de la gloire de sa vie. Par Lui Il a révélé la source de l'être de Dieu : l'amour, l'amour créateur, l'amour sauveur, l'amour jusqu'au bout. L'amour est humble ou n'est pas. Il fait passer le bien de l'autre avant le sien propre, il se sacrifie pour lui, il entend la souffrance de l'autre et vient à lui pour l'accompagner, le sauver, le relever.
Tel est bien ce mystère que nous proclamons et qui nous fait vivre. En cette année du jubilé de l'espérance, nous proclamons notre foi en ce Dieu d'amour qui nous a révélé son visage d'amour, sa bienveillance, sa miséricorde infinie. Il est venu nous montrer le chemin de la sagesse, le chemin du bonheur.
L'humilité fait de nous des serviteurs les uns des autres, les serviteurs de ce monde et non les propriétaires qui ont tous les droits sur les autres ou sur leurs biens. Nous sommes responsables les uns des autres. Nous sommes faits les uns pour les autres.
Abandonnons nos fausses glorioles qui révèlent plus nos fragilités ou nos orgueils qu'autre chose. Vivons en enfants de lumière, la lumière qui vient de Dieu et non celle qui vient de ce monde, une lumière qui réchauffe les cœurs et qui aime, la lumière de Celui qui est « doux et humble de cœur. »
« Regardez l'humilité de Dieu, Regardez l'humilité de Dieu et faites-lui l'hommage de vos cœurs. » Mgr Georges Pontier