Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

Homélie du Dimanche 3 Août 2025

Mgr Georges Pontier |  3 août 2025

Le partage des biens, l'héritage ! Voilà bien une réalité qui trop souvent provoque des divisions dans nos familles ! Et voilà cet homme qui vient demander à Jésus d'intervenir ! Après lui avoir répondu Jésus adresse une parabole à destination de tout le monde. Elle met en scène quelqu'un qui compte sur l'accumulation de biens matériels pour assurer son avenir. « Mais Dieu lui dit : « Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l'aura ? » Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »

« Amasser pour soi-même ou être riche en vue de Dieu. » Voilà une de ces interpellations, claire et profonde, dont Jésus a eu le secret. Elle rejoint cette autre que nous connaissons bien : « Que sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme ? »

L'auteur du livre de Qohèleth, dont nous avons entendu un extrait en première lecture, résume bien la perplexité de l'homme quand son horizon se limite à ici-bas : « Vanité des vanités, tout est vanité ! »

 Vraiment, c'est la lumière du Christ qui nous ouvre à la profondeur de l'être humain, fait à l'image de Dieu. Jésus est vrai Dieu et vrai homme, parfaite image de Dieu. Ce qui nous séduit en Lui, c'est la révélation d'un Dieu qui est source de vie et d'amour, d'un Dieu qui ne garde rien pour Lui mais partage son être profond à ses créatures, d'un Dieu qui n'est pas riche pour lui-même, mais qui est riche dans sa capacité à se donner, à tout donner, à partager, à faire de sa vie et de son être un véritable don. Et nous contemplons ce Fils de Dieu qui naît dans une étable, qui doit se réfugier en Egypte, qui passe 30 années de sa vie dans une vie ordinaire, semblable à celle de la plupart des humains. Et lorsqu'Il révèlera son être profond Il le fera en choisissant de se faire proche des souffrants, des petits, des étrangers, des rejetés, nullement en cherchant à séduire par l'accumulation des biens matériels, de ce que nous appelons habituellement la richesse et que Paul nommait dans la lecture « cette soif de posséder qui est une idolâtrie. » Et nous la voyons cette soif de posséder qui provoque tant de drames dans nos vies, dans la vie des peuples, cette soif de posséder qui ferme les yeux du cœur et qui rend indifférent au sort des autres. Jésus révèle la grandeur de l'être de Dieu : « Ma vie, nul ne la prend c'est moi qui la donne. »

Nous voilà interpellés ce matin sur la part de gratuité, de don, de bienveillance, de détachement, de générosité qu'il y a dans notre cœur et dans notre vie. Comme l'écrivait Paul aux Corinthiens dans sa deuxième lettre : « Vous connaissez la générosité de Notre Seigneur Jésus-Christ qui, pour nous, de riche qu'il était, s'est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté. » Il était riche de cœur et d'être, comme Dieu. C'est cela qui lui a permis de se faire pauvre de biens matériels parce que son cœur était riche d'amour. Certains grands saints nous ont révélé cette même richesse de cœur qui sait se faire pauvre des biens matériels : je pense à St Vincent de Paul, St François, d'Assise, Sainte Claire, Charles de Foucauld, Mère Térésa. Quand l'amour des autres est plus fort que l'amour de soi-même cela donne ces équilibres de vie que nous admirons et aimons. Les mères de familles en sont aussi un bon modèle, les pères aussi. La beauté des corps ne saurait faire oublier la grandeur et la beauté des cœurs. L'homme est beau quand son cœur est simple, généreux, donné, bienveillant.

« Pensez aux réalité d'en Haut, non à celles de la terre. », écrivait Paul aux Colossiens. Oui, pensons aux réalités d'en haut. Comme Saint Augustin le disait : « Tu nous as fait pour toi, Seigneur et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en Dieu » Ne perdons pas notre âme ! « Il y a plus de joie à donner qu'à recevoir ! » Telle est la joie de Dieu : Il donne et se donne. Qu'Il soit béni. Amen. Mgr G. Pontier