Mgr Georges Pontier | 29 juin 2025
« Ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. » Ainsi Jésus répond-il à Pierre qui vient de proclamer au nom des apôtres : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Et Paul, dans sa lettre à Timothée, écrira à la fin de sa vie : « J'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi…Tous m'ont abandonné. Le Seigneur, Lui, m'a assisté. »
Pierre et Paul. Tous les deux ont fait l'expérience de la fidélité de Dieu à leur égard. De la miséricorde de Dieu, devrais-je dire ! Pierre, lorsqu'au lendemain de la résurrection, au bord du lac, Jésus ressuscité ne lui reproche pas son reniement mais lui demande : « Pierre, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » et le renouvelle dans sa mission : « Sois le berger de mes brebis. » Et Paul, qui sur le chemin de Damas pour arrêter les disciples est renversé par la lumière aveuglante de l'amour de Jésus : « Je suis Jésus que tu persécutes. » et le voilà retourné par la révélation de l'amour de Dieu pour tous révélé par le pardon de Jésus sur la croix : « Père, pardonne-leur. Ils ne savent pas ce qu'ils font. »
Voilà les colonnes de l'Eglise, comme nous les appelons. Colonnes, fortes de la fidélité de l'amour de Dieu à leur égard. Colonnes si fragiles quand elles sont réduites à leurs seules forces ! Paul s'écrira : « Aussi mettrais-je mon orgueil dans mes faiblesses afin que repose sur moi la puissance du Christ…Car lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort. »
C'est sur ces hommes renversés par la grâce de Dieu que Jésus dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. » Pierre et Paul furent forts de la force qui vient de Dieu mais demeurèrent fragiles dans leurs conditions humaines : persécutions, épreuves, luttes intestines ne leur furent pas épargnés.
Ainsi l'Eglise. Ainsi la communauté chrétienne au long de l'histoire. Forte quand elle reste sous la grâce de Dieu et témoigne de l'amour de Dieu pour tout homme. Forte, quand elle s'efface derrière le témoignage à rendre à l'amour de Dieu. Fragile quand elle recherche sa gloire ou sa puissance. Sa mission est bien de lier au Christ, de témoigner de la force de résurrection que suscite sa rencontre, du renouvellement profond de nos êtres humains par l'amour qui vient de Lui. Forte lorsqu'elle délie des liens mortels avec lesquels l'Adversaire, le Satan, veut nous lier : l'orgueil, la puissance, la haine, le chacun pour soi, la soif de pouvoir, de richesse, de plaisir, l'indifférence au sort des autres, les divisions.
Chers Frères et Sœurs, entendons le Christ nous redire ce matin la mission de l'Eglise : Lier au Christ, servir l'œuvre de l'Esprit aujourd'hui dans notre monde : Il vient sauver, réconcilier, relever, redire la grandeur de tout être humain parce que Dieu les aime jusqu'au bout !
Délier des liens qui déshumanisent les êtres humains, qui les enferment sur eux-mêmes dans leurs relations intimes, familiales, nationales ou entre peuples et nations. Délier de cet aveuglement profond qui habite nos cœurs : l'indifférence au sort des autres !
L'Eglise a reçu la mission d'être jusqu'à la fin des temps ce peuple composé de membres les plus divers possible pour que se donne à voir les fruits de l'union intime avec Dieu et le germe de l'unité du genre humain. En elle doit se donner à voir cette humanité nouvelle que le Père rassemble grâce à l'offrande de son Fils bien aimé et à la grâce de l'Esprit.
Prions, en ce jour, pour l'Eglise, pour ceux qui portent la mission de fidélité et de communion de Pierre et pour tous ceux qui prolongent celle de Paul : « apporter au monde entier la bonne nouvelle de l'amour qu'est Dieu. » Mgr Georges Pontier