Mgr Georges Pontier | 28 décembre 2025
La fête de la Sainte famille, le dimanche qui suit le jour de Noël, nous invite à prêter attention à ces liens humains qui marquent nos vies comme ce fut le cas pour Jésus. Il est né à Bethléem, puis fut conduit par Joseph et Marie se réfugier un temps en Egypte avant de vivre le plus long de sa vie terrestre à Nazareth, village perdu de Galilée.
La naissance de Jésus à Bethléem l'insère dans une généalogie, une histoire, celle de la lignée de David, lignée chargée de promesse et d'histoire sainte. Jésus appartient à un peuple qui a son histoire et particulièrement une histoire habitée par une relation privilégiée avec Dieu.
La fuite en Egypte l'insère dans cette histoire concrète de nos familles selon le temps et le lieu où elle se produit. La famille de Jésus partage le sort et les aléas des familles soumises aux soubresauts des évènements. Bien des familles d'aujourd'hui peuvent reconnaître leur propre histoire dans celle de la famille de Jésus, contrainte de quitter sa terre pour chercher sécurité et protection ailleurs.
Enfin Jésus, par son incarnation révèle son appartenance à la grande famille humaine, celle « que le Père a tant aimé qu'il a donné son Fils, son unique pour que tout homme qui croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » « Il donne le pouvoir de devenir enfant de Dieu. »
Nous voilà donc invités à prendre soin de la famille, des « familles » auxquelles nous appartenons :
D'abord celle issue de la chair, de ces relations humaines, celle que nous appelons en tout premier « notre famille » : chacune unique, chacune héritière d'une généalogie, d'une alliance, d'un échange de vie et d'amour. C'est elle qui tient une si grande place dans notre histoire personnelle, histoire faite des plus grandes joies et aussi d'épreuves et de souffrances, celle de laquelle nous sommes en tout premier invités à prendre soin, à y vivre les qualités humaines dont nous parlait la première lecture de Ben Sira Le Sage.
Il y a ensuite la famille issue de notre baptême, celle qui nous a fait membres de ce corps sacramentel du Christ, cette famille élargie à tous ceux et celles qui sont marqués du sceau de Dieu, renouvelés dans l'amour de Dieu ; une famille issue de toute langue, peuple et nation, comme notre assemblée de ce matin. Ce sont nos communautés chrétiennes, déjà plus élargies que notre première famille, celle qui est signe du projet de Dieu de se donner une famille de frères. St Paul parlait d'elle dans la seconde lecture en nous y invitant à l'amour.
Enfin il y a la grande famille humaine, la famille de Dieu, celle qu'il a créée, celle qu'il a sauvée, celle sur laquelle le Fils bien aimé a répandu son Esprit. De celle-là encore nous devons prendre soin en œuvrant pour la paix, l'accueil, le vivre ensemble, en luttant contre les discriminations, les exclusions, voire les négations ou les génocides, en nous y engageant par nos engagements divers et nos propos fraternels.
Chers frères et Sœurs ne nous contentons pas de contempler « la sainte famille », comme nous disons. Comme elle, prenons soin les uns des autres dans nos propres familles, dans nos appartenances diverses en ne nous repliant pas sur nous-mêmes mais en ayant toujours à l'esprit que Dieu regarde l'humanité comme sa grande famille, issue de son amour et faite pour son amour. Que notre foi élargisse nos cœurs et nos esprits et repousse au loin toute parole teintée de fermeture ou de domination, d'indifférence, de racisme ou de mépris.
« Tout homme est une histoire sacrée, l'homme est à l'image à Dieu. » « Peuple de frères, peuple du partage, porte l'Evangile et la paix de Dieu. » Mgr Georges Pontier