Mgr Georges Pontier | 17 août 2025
Il est des expériences dans nos vies qui peuvent y mettre le feu : celle des idoles ou des drogues qui dévorent tout ce qui leur résiste, celle des amours passionnés, celle des projets à contrecourant, que sais-je encore ? Mais Il y a aussi la douceur du feu de cheminée, ou le moment convivial autour des feux de camp de nos jeunesses.
Et puis il y a Jésus et ce feu qu'Il est venu apporter sur la terre, celui qu'il voudrait voir déjà allumé et dont il redoute le moment où il faudra l'allumer pour toujours : ce feu du don de sa vie par amour, ce cœur réchauffé et transformé par l'amour du Père qui l'invite à révéler leur amour commun, le feu de l'amour : l'amour qui rend proche, soucieux de ceux qu'on aime, ce feu qui est lumière d'espérance dans les impasses de la vie. Ce feu qui va traverser le tombeau de la mort pour ouvrir le chemin de la vie éternelle à tous ceux et celles dont il est venu se faire frère par amour, pour révéler l'amour fou de Dieu, son amour brulant, celui qui le brule de toute éternité, celui qu'il veut communiquer à l'humanité qu'il a créée à son image : faite pour aimer ! Ces langues de feu de l'Esprit de Pentecôte, feu qui relève, réconcilie, fait tenir debout.
S'oublier soi-même et se donner par amour au risque d'être incompris, rejeté, de susciter la division, même au sein des familles.
L'amour de Dieu est ainsi. Il n'abandonne pas le combat. Il doit triompher, fut-ce au prix de sa vie.
Et à son image, à sa suite, la vie dans la foi en ce Dieu d'amour peut entrainer sur des chemins qui peuvent déranger. Nous le savons bien. Les débats sur le comment vivre en société, sur la justesse de ceci ou de cela peuvent enflammer : l'accueil des migrants, le respect de la vie, la justice dans la société, la fraternité humaine, le partage de la vie avec les plus pauvres, la fin de vie, la vie éternelle et la vie ici-bas, la personne du Christ, les passions de ce monde, celles de la richesse, du pouvoir, du plaisir démesuré. Voilà qui met le feu de Dieu en nous- mêmes et entre nous !
S'engager dans cette vie peut mener à la division et ne pas s'engager à la démission ou au non-sens !
Et voilà la vie des disciples du Christ depuis le tout début. Les persécutions n'ont pas tardé. Les rejets non plus. Annoncer la vie au-delà de la mort, attendre le retour du Seigneur, bousculer les repères de vie au nom du respect de Dieu, de soi-même et des autres. Mais aussi les joies d'une lumière nouvelle ! La foi donnée à Celui qui a aimé jusque-là, voilà qui a changé la vie de plus d'un. François d'Assise a été déshérité par son père, Vincent de Paul s'est fait galérien, Mère Térésa a été vivre au milieu des mourants de Calcutta. Benoit, Bruno, Claire et Thérèse de Lisieux ont aimé jusque dans le secret des cloitres. Et chacun de nous peut trouver dans sa vie des moments ou en lui des choses ont dû mourir pour que le feu ne s'éteigne pas. Le pire est la tiédeur, la froideur, l'indifférence à tout, le : à quoi bon, à quoi bon, à quoi bon ! ! Résistons à la tiédeur, rejetons-la.
En cette année du jubilé, nous faisons mémoire de ce moment de l'histoire où Jésus de Nazareth a allumé en ce monde le feu de l'amour de Dieu. C'est Lui notre espérance : Nous sommes aimés d'un amour éternel. Qu'il ait en nous, la première place. Qu'Il brule en nous ce qui n'est qu'amour de soi-même et qu'il fasse de nous des fous de Dieu. Mgr Georges Pontier