Mgr Georges Pontier | 16 novembre 2025
L'approche de la fête du Christ-Roi, Dimanche prochain, nous fait entendre les discussions de Jésus avec ses contemporains et ses disciples sur la fin des temps, la fin du monde, le temps de Dieu. Les discussions sur le sens des épreuves personnelles, familiales ou mondiales sont de toujours. À chaque étape de l'histoire de l'humanité les mêmes signes interpellent: guerres, tremblements de terre, catastrophes climatiques ou maladies, persécutions des croyants, divisions dans les familles, pour n'en citer que quelques-uns. Et toujours des prophètes de malheur ou des indifférents à tout cela vivant pour eux-mêmes et des croyants cherchant sens à partir de leur foi. Voilà bien notre propre question à nous tous : comment vivre tous ces évènements ? Comment comprendre tous ces signes ?
Jésus nous redit son message : Dieu mène l'histoire et l'accompagne jusqu'à son terme qui viendra. Nous ne devons pas vivre dans la peur : « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C'est par votre persévérance que vous garderez votre vie » Nous ne devons pas redouter les épreuves inéluctables de nos existences : « Quand vous entendrez parler de tout cela, ne soyez pas terrifiés : il faut que tout cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas la fin » « Cela vous amènera à rendre témoignage. » Jésus a rendu témoignage de la fidélité du Père qui accomplissait le salut de l'humanité par le don de son Fils. Sa mort ne sera pas le signe de la fin mais de la victoire au cœur même des drames de l'histoire humaine. La mort et la haine sont vaincues. La vie et l'amour triomphent. C'est dans cette lumière qu'a vécu Jésus de Nazareth : non pas à l'abri des épreuves, mais en les traversant, non pas dans l'indifférence à ce qui arrivait aux autres autour de lui ou à ce qui lui arrivait à lui-même, mais en prenant sa part de la compassion divine pour les petits, les souffrants, les rejetés, les persécutés, se faisant même l'un d'eux pour illuminer toute vie de la lumière de l'amour sauveur de Dieu.
Le Pape Léon XIV vient de publier une exhortation apostolique, intitulée : « Dilexi Te, Je t'ai aimé. » Dans le premier chapitre il contemple comment le Christ, vrai Dieu, vrai homme, a pris chair dans une proximité de vie la plus grande possible avec les humbles, les pauvres, les ordinaires, et enfin avec les rejetés, les persécutés, les humiliés. Dans sa vie il a fait preuve de grande confiance en l'amour du Père pour Lui et pour l'humanité. Il a fait preuve d'une grande compassion, estime, proximité pour ses semblables. Il a révélé que l'épreuve n'est pas le signe de l'abandon de Dieu mais l'occasion de reconnaître Dieu tout proche, tout aimant et sauveur. Le Pape poursuit ensuite par le rappel de tout l'engagement des croyants auprès des pauvres, des immigrés, des souffrants. C'est un défilé des grands noms de la charité que nous vénérons. Par exemple : Vincent de Paul et Louise de Marillac, Mère Térésa et toutes les congrégations fondées pour porter secours aux indigents, aux malades, aux détenus. Il termine en énonçant des vérités de notre foi, disant par exemple : « Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une « question de famille » ; ils sont des nôtres. » « Je peux réagir à partir de la foi et de la charité, et reconnaître en chacun un être humain doté de la même dignité que moi, une créature infiniment aimée par le Père, une image de Dieu, un frère racheté par Jésus-Christ. C'est cela être chrétien. » Combien d'êtres humains se font solidaires de leurs frères, refusant la violence et l'égoïsme ! Comment les disciples de Jésus ne seraient-ils pas les premiers d'entre eux ?
Que ce cœur de notre foi reste lumière de nos vies. Ne perdons pas notre énergie dans les élucubrations ou les condamnations, mais bien dans une parole d'espérance, celle que nous redisons à chaque eucharistie « nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance : l'avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur. ». En attendant, nous persévérons dans la foi et la charité.
« Aimons-nous les uns les autres puisque Dieu nous aime. »
Mgr Georges Pontier