Sanctuaire Saint-Jérôme L'Adoration Perpétuelle à Toulouse

Homélie du Dimanche 15 Octobre 2023

Mgr Georges Pontier |  15 octobre 2023

Il est des moments où on est devant l'horrible dont les hommes sont capables. On sait qu'ils sont également capables d'immenses solidarités. Mais là, on est devant l'horrible. Et ce que nous avons vu de loin cette semaine s'est ajouté, en pire, aux événements d'Ukraine, à ceux du Haut Karabakh, du Soudan ou d'ailleurs encore. Et s'est ajouté à cette liste le meurtre d'Arras. Nous sommes troublés dans notre cœur, dans notre compréhension des choses et nous courons le risque de nous enfermer dans une spirale intérieure de propos sans fin.

La liturgie de ce 28° Dimanche du temps ordinaire met sur nos yeux le désir de Dieu, son projet : Le prophète Isaïe réveille l'espérance du peuple hébreu par cette vision grandiose qui dépasse toute attente et concerne tous les peuples : « Le Seigneur de l'univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vin capiteux, un festin de viandes succulentes et de vin décanté. Il fera disparaître le voile de deuil…Il essuiera toutes larmes sur tous les visages, et par toute la terre il effacera l'humiliation de son peuple. »

Jésus reprend avec les grands prêtres et les pharisiens cette vision qu'ils connaissaient bien, dans son enseignement sur le Royaume des cieux : L'invitation au repas des noces du fils, son invitation de tous et de chacun. Il envoie ses serviteurs chercher tous ceux qu'ils rencontrent, les mauvais comme les bons. Il veut remplir la salle de noce. La table est grande. Son cœur est immense. Y convier tous ses enfants est sa joie, son désir, son projet.

Et nous sommes ces serviteurs envoyés sur les chemins, les carrefours et les routes de la vie apporter à tous l'invitation du Père : « Venez à la table des noces de mon fils. » Venez prendre place au repas de la réconciliation, de la fraternité, de la justice, de la joie d'être autour de la même table. Non plus la table des uns contre celle des autres. Mais la table où celui qui est à l'origine de tout triomphera de toute violence, vengeance et autres orgueils qui opposent et tuent.

Les noces du Fils, nous croyons qu'elles ont été commencées dans la venue du Fils bien aimé qui s'est fait semblable à nous en toute chose excepté le péché. Il est passé en faisant le bien. Il s'est penché sur les humbles. Il a pardonné. Il a guéri. Il a révélé la joie de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour 99 justes qui ont bonne conscience ! Il y a laissé sa vie terrestre. Mieux il l'a donnée et il a supplié le pardon pour cette famille humaine terriblement déchirée et violente : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font. » Et le Père l'a réveillé de la mort. Vainqueur il répand son Esprit en tout l'univers et suscite partout des amis, des artisans de paix.

Seul, celui qui ne se laisse pas mettre le vêtement de noces ne pourra y rentrer, celui qui ne se laissera pas habiller des vêtements de Dieu, ceux de l'humilité, du partage, de l'ouverture à tous, du pardon, ceux que le baptême nous remet : le vêtement du fils adoptif et du frère universel. C'est celui-là qui nous fait entendre à chaque eucharistie l'invitation : « Heureux les invités au repas des noces de l'Agneau. » Et comme l'écrivait l'apôtre Paul aux Galates : « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ. Il n'y a plus ni juif, ni Grec, il n'y a plus esclave, ni homme libre ; il n'y a plus l'homme et la femme ; car tous, vous n'êtes qu'un en Jésus-Christ. » « Seigneur, fais de nous des ouvriers de paix. » « Seigneur, viens nous sauver. » Amen