Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

Homélie du Dimanche 14 Septembre 2025

Mgr Georges Pontier |  14 septembre 2025

La Croix glorieuse : Voilà bien deux mots inconciliables : comme si une croix pouvait être glorieuse ! N'est-elle pas un instrument de mort, de torture, d'épreuve, d'élimination ? Et ce mot ne désigne-t-il pas dans nos vies humaines ce qu'il y a de difficile, de très lourd à porter, à supporter, à traverser. « Il faut bien porter sa croix ».

Dans la vie de Jésus de Nazareth nous la voyons sous cette face de l'épreuve durant sa vie et surtout bien sûr à la fin de sa vie quand il sera condamné à ce supplice, quand il portera cet instrument de son supplice, qu'il tombera trois fois sous son poids, qu'il sera cloué dessus, élevé entre deux compagnons d'infortune, moqué par beaucoup.

Mais nous la voyons aussi sous sa face glorieuse : en y reconnaissant l'immense amour qui rejaillit, non pas du bois de la croix, mais du cœur divin qui déverse le trop plein d'amour du cœur du Dieu qu'il est, du Dieu qu'il révèle. « Dieu a tellement aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas mais obtienne la vie éternelle. » C'est ainsi que Jésus lui-même l'avait révélé à Nicodème, ce membre du sanhédrin venu de nuit l'interroger.

La croix est glorieuse parce, sur elle, Dieu révèle la profondeur inouïe de son amour pour le monde des hommes qu'Il a créés, qu'Il vient sauver et auxquels Il ouvre les portes de la vie éternelle. Sur la croix, Jésus en quelques phrases ou cris exprime cette victoire en faveur des hommes, celle sur le désespoir en s'écriant : « Père entre tes mains je remets mon esprit », celle sur la haine en suppliant Dieu : « Père pardonne leur ils ne savent pas ce qu'ils font », celle sur la mort et le péché, en ouvrant les portes de la vie à celui qui s'en remet à sa puissance de vie : « Aujourd'hui avec moi, tu seras dans le paradis. »

« Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant ainsi sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : « Femme, voici ton Fils. » Il dit ensuite au disciple « Voici ta mère. » Et depuis cette heure-là le disciple la prit chez lui. » « Puis, inclinant la tête Il remit l'esprit. » Triomphait alors la face glorieuse de la croix : le pardon était donné, la confiance était proclamée et la mort était vaincue. Le Père ne tardait pas à confirmer cette victoire : Le tombeau était vide, le Ressuscité se faisait reconnaître, la vie triomphait. Les disciples entraient dans cette vie nouvelle, celle qui se poursuit dans la puissance de l'Esprit répandue.

Chers frères et Sœurs, n'en doutons pas : elle est là la victoire de Dieu :  Dieu nous aime chacun et tous. L'amour est plus fort que tout. Seul il est porteur de vie. Seul Il triomphe de toutes les croix de la vie d'ici-bas.  Seul il ouvre les tombeaux.

Vivons en enfants de lumière : Tenons-nous debout au pied des croix de nos vies, Levons nos yeux vers Celui qui nous dit : « Aujourd'hui avec moi tu seras dans le paradis. » Sa victoire est pour nous et pour la multitude comme le redit chaque jour la prière eucharistique. Soyons des témoins de la résurrection, pèlerins d'espérance et des ouvriers de charité et de paix. Débordons d'amour comme Dieu a débordé d'amour sur la croix : « Dieu a tellement aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne se perde pas mais obtienne la vie éternelle. »

Chantons à nouveau : « O Croix, dressée sur le monde, O croix de Jésus-Christ, Dieu rend par toi la vie et nous rachète à grand prix. L'amour de Dieu est folie, ô croix de Jésus-Christ ». Mgr Georges Pontier