Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

Homélie du Dimanche 14 décembre 2025

Mgr Georges Pontier |  15 décembre 2025

Le temps de l'Avent nous est donné chaque année pour creuser notre désir de Dieu, notre désir de voir « l'avènement de Jésus Christ notre Sauveur » comme nous le disons à chaque messe. Aujourd'hui nous sommes invités à la joie en pensant à la victoire ou à la revanche de Dieu, comme le désirait déjà le prophète Elie et également en renouvelant notre foi en Christ, en son visage d'amour. A première vue la phrase du prophète Isaïe a quelque chose de choquant : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c'est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. » Un Dieu qui se vengerait, qui prendrait sa revanche, voilà des mots qui semblent contredire le visage et le message du Christ. ! Sauf que la revanche de Dieu n'est pas à la manière de celle des hommes qui prennent leur revanche avec la force et l'écrasement. C'est leur orgueil qui les pousse, leur amour propre, leurs intérêts. Et voilà que la revanche de Dieu est celle qui s'accomplit à la manière de Dieu, d'un Dieu d'amour : il ne vient pas pour détruire mais pour sauver : sauver son projet d'amour, son visage d'amour ; sauver les hommes créés à son image : les sauver de la mort et du péché, de la haine et de la violence. Il vient les ouvrir à la force de l'amour qui puise dans l'amour le chemin du salut. Il nous le montrera dans l'humilité et la pauvreté de l'enfant de la crèche, dans l'ordinaire d'une vie cachée durant trente ans, puis dans une vie toute donnée aux petits et aux humbles, et enfin dans le don de sa vie pour le pardon et le salut de tous. Là, Il nous montrera la puissance de son amour, la puissance de l'amour quand il est la source à laquelle nous nous abreuvons et nous inspirons. Fort judicieusement le dernier temps fort proposé par le Pape François pour l'année jubilaire qu'il a initiée est celui du jubilé des détenus. Rien n'empêche Dieu de réaliser son plan de salut. Les portes de la prison n'arrêtent pas son désir de salut pour tous. Même dans leur prison, Dieu peut rejoindre le cœur des hommes et les sauver, leur rendre leur beau visage de fils et de frères. Aujourd'hui dans les aumôneries en détention, de nombreux évêques iront célébrer l'eucharistie avec les détenus qui se retrouvent tous les dimanches. C'est une grande joie lorsqu'il nous est donné de célébrer le baptême, la confirmation ou la première communion pour tel ou telle détenue, touchée par le visage d'amour de Dieu à son égard. La vengeance de Dieu : personne ne l'empêche de rejoindre le cœur des hommes. « Nul n'est trop loin ou trop bas pour Dieu » dit une hymne de l'Eglise. Son amour est infini, tout puissant, sans frontières. Voilà qui nous enracine dans la joie de la foi dans le Dieu d'amour, le Dieu plein de tendresse et de miséricorde. Comme le disait Ste Thérèse de l'enfant Jésus : « Je ne puis craindre un Dieu qui s'est fait pour moi si petit… Je l'aime, Il n'est qu'amour et miséricorde. » 

C'est en cela que le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que Jean- Baptiste pourtant le plus grand de ceux qui se sont levés pour Dieu. Il est mort, lui, avant de voir le chemin de Dieu, celui de sa vengeance : le triomphe de l'amour sur la haine, de la vie sur la mort. Telle est notre joie, notre lumière, notre chemin : c'est celui de l'amour, de l'espérance, celui de la foi en ce Dieu qui s'est révélé en Christ : La puissance de l'amour triomphe de l'amour de la puissance ! « Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » nous dit Jésus en ce jour.

« Viens, Seigneur Jésus, viens : nous t'attendons, comme des pèlerins d'espérance ! » Mgr Georges Pontier