Mgr Georges Pontier | 11 janvier 2026
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » C'est avec cette parole du Père que s'achève le temps liturgique de Noël et de l'Epiphanie. L'Esprit de Dieu, comme une colombe descend sur Jésus qui remonte de l'eau dans laquelle Jean Baptiste vient de le baptiser. Tout nous est donné pour que nous entrions dans le mystère de l'œuvre de Dieu, de la folie de son amour pour l'humanité. Et Jean-Baptiste, par sa réaction « C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi et c'est toi qui viens à moi ! Alors Jean le laisse faire » nous rappelle Pierre qui, plus tard, ne voudra pas que Jésus lui lave les pieds juste avant cette autre descente dans les eaux de la violence et de la mort.
Nous voilà invités, chers frères et Sœurs, à reconnaître en Jésus de Nazareth Celui que le Père désigne comme son Fils bien aimé, Celui sur qui repose l'Esprit-Saint. Il est ce Dieu à l'amour inouï, immesurable, cet amour fou de Dieu qui déborde sans cesse pour donner la vie, la sauver, la répandre autour de Lui sur ses créatures. Et l'apôtre Pierre à Césarée, chez le centurion de l'armée romaine dit son émerveillement, comme nous l'avons entendu dans la deuxième lecture, : « En vérité je le comprends, Dieu est impartial : Il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes…Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l'onction d'Esprit-Saint et de puissance. Là où Il passait Il faisait le bien. »
Cette scène du baptême de Jésus par Jean-Baptiste annonce celle du « baptême de la mort/résurrection de Jésus » et celle de notre baptême. Comme dans les eaux du Jourdain, Jésus descendra dans les eaux de la souffrance, de l'injustice, de la violence, de la mort. Le Père l'en relèvera pour qu'Il soit le premier-né d'une multitude de frères. Le baptême, en nous unissant au Christ, nous donne la dignité d'enfants de Dieu, nous rend ce cœur de fils et de frères que l'Esprit de Dieu ne cesse d'habiter, de sauver, de conduire à la ressemblance de celui du Fils bien-aimé. Que nous soyons, nous aussi des fils et des frères qui passons notre vie à faire le bien, à aimer, à faire tomber les barrières des préjugés, celles de l'orgueil, de l'indifférence, du désespoir, de la mort et de toutes les formes du péché qui défigurent nos cœurs humains.
N'oublions pas notre baptême, n'oublions pas le souffle de l'Esprit répandu en nous pour nous sauver, nous rendre notre beauté d'enfants de Dieu. Elle n'est jamais autant rayonnante que lorsque nous aimons et espérons, lorsque nous aussi nous descendons au plus bas pour vivre comme des frères et des sœurs les uns des autres afin que rayonne notre être de fils de Dieu ; lorsque aussi nous gardons les yeux tournés vers Dieu, vers Celui qui vient jusqu'à nous, même dans les eaux sales de nos vies pour nous relever et nous rendre notre beauté de fils et de frères.
Dans ce monde souvent dur pour beaucoup, dans ce temps de l'histoire obscurci par bien des nuages, demeurons des pèlerins d'espérance et d'amour, soulageons les souffrances, engageons-nous sur les chemins de la paix.
« Peuple de baptisés, marche vers ta lumière. Le Christ est ressuscité, Alléluia ! Alléluia ! » Notre Père nous aime avec tendresse, Et cet amour est vivant pour les siècles. Que Son peuple le dise à l´univers.
Il rachète et rassemble tous les hommes.» Mgr Georges Pontier