Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

Homélie du Dimanche 1 Février 2026

Mgr Georges Pontier |  1 février 2026

Avoir un rendez-vous chez un cardiologue est parfois long à obtenir. Mais nous nous y employons, tellement cet organe est essentiel pour la santé de notre corps. La société nous le rappelle et de nombreux moyens de contrôle nous sont aujourd'hui proposés pour réagir à la première alerte. Il n'en va pas de même pour la bonne santé de notre cœur, de notre âme, de notre être profond. Nous pouvons être moins regardants ! Et pourtant le « cardiologue de l'âme » est toujours disponible. Il nous a comme donné par la bouche du Christ une ordonnance spirituelle pour que notre âme aille bien, soit en bonne santé spirituelle et en accord avec notre bien profond.

Le discours sur la montagne nous ouvre l'horizon de Dieu, nous invite à regarder plus loin et plus profond, à repérer ce qui est solide, porteur de fruits pour notre âme, pour notre être profond et pour la vie en société. Et Jésus nous l'enseigne : être pauvre de cœur, se tenir proches de ceux qui pleurent, connaître la force de la douceur, avoir faim et soif de la justice, être miséricordieux, avoir un cœur pur, sans mélange ni arrière-pensée, être un artisan de paix, ne pas redouter la persécution pour le royaume des cieux, être un fidèle du Christ même dans les persécutions, savoir que l'horizon débouche au-delà de cette vie terrestre. Autant dire que le Christ ouvre un horizon qui nous invite à ne pas chercher dans l'accumulation de biens la source du bonheur, mais à la trouver en nous-même, dans la maitrise des envies, des pulsions, des orgueils ou des égoïsmes trompeurs. Voilà une page d'évangile à lire, et à relire, à apprendre par cœur peut-être, pour vérifier l'état de notre cœur, la justesse de nos vies.

Au cours d'un colloque sur les béatitudes dans le cadre d'un dialogue interreligieux avec des amis musulmans j'ai entendu un jour une intervention d'une libanaise musulmane interprétant les béatitudes à la lumière de l'étude structurelle des textes. Elle faisait remarquer qu'au milieu, au centre des 9 béatitudes, se tient la cinquième. On peut donc la considérer comme un centre ou une clé de lecture de l'ensemble. Et la cinquième est celle-ci : « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. »  La miséricorde nous est révélée par le Christ comme le cœur même de Dieu, plein de tendresse et d'amour. Lui-même s'est incarné pour révéler cet amour de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde qu'il a envoyé son Fils unique non pas pour juger le monde mais pour que par Lui le monde soit sauvé. » La miséricorde comme le signe d'un cœur tourné vers les autres, sensible à ce qui leur arrive, un cœur ardent à faire le bien, un cœur qui trouve sa joie à être artisan de paix. A contrario, nous expérimentons que lorsque la miséricorde n'advient pas, on tombe dans la violence, la vengeance, les luttes multiformes. La miséricorde est le fruit d'un cœur guéri, d'un cœur qui domine les fragilités, et les erreurs, d'un cœur qui ne veut qu'aimer et enfanter l'amour et la vie.

Chers frères et Sœurs, nous voilà invités à prendre soin de notre âme, à consulter souvent notre cardiologue spirituel, dans la prière, la lecture de sa parole qui développe ce chemin de la bonne santé, à nous laisser soigner par Lui de nos duretés, nos blessures profondes et de prendre notre part dans la guérison de notre monde. La Vierge Marie peut nous être un humble modèle, elle qui invitait à se laisser faire par la parole de Dieu et à faire tout ce qu'il nous dira.

Faisons sa volonté, comme nous le disons dans la prière du Notre Père. Elle est bonne et bienveillante pour nous. Elle franchit les portes de la mort et conduit dans la paix de Dieu. Mgr Georges Pontier