Eglise Saint-Jérôme L'Adoration Perpétuelle à Toulouse

Homélie de mgr Pontier 3°Dimanche de l'Avent 2020

Père Lizier de Bardies |  15 décembre 2020

Homélie 3°Dimanche de l'Avent 2020

« Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas. » La réponse de Jean le baptiste aux envoyés des pharisiens qui se demandent qui il est, rejoint celle des croyants que nous sommes : Nous témoignons que Dieu est présent mais que nous ne le connaissons pas parfaitement, que nous cherchons encore et toujours les signes de sa présence. Jean Baptiste, lui-même, demeure incertain. Plus tard, lorsqu'il sera en prison, il enverra certains de ses disciples demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » et Jésus lui fera répondre en se rapportant lui aussi au prophète Isaïe : « Allez dire à Jean ce que vous voyez et entendez : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » (Mth 11, 3-6). Nous attestons, nous aussi, qu'il y a au milieu de nous quelqu'un que nous ne connaissons pas, en tous cas que nous ne connaissons pas vraiment par nous-même. L'apôtre Jean l'évangéliste qui écrit cela rapportera plus loin ces paroles de Jésus : « Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous l'a dévoilé. » Ou encore ailleurs il fera dire à Jésus : « Je suis le chemin, la vérité, la vie. Personne ne va au Père si ce n'est par moi. » (Jean 14,6)

Nous avançons vers la célébration de la fête de Noël où nous proclamerons que « Dieu s'est rendu visible à nos yeux » dans la naissance de Jésus, le fils de Marie, le fils bien-aimé du Père. La force de notre témoignage repose sur notre foi en cet événement annoncé par les prophètes, proclamé par Jean Baptiste, attendu par le peuple d'Israël. Oui nous croyons que ce Jésus nous révèle le visage du Père. Mais comme pour les envoyés des pharisiens, comme pour Jean le Baptiste, nous sommes habités par des idées sur Dieu qui nous empêchent de le reconnaître, qui nous empêchent de reconnaître les signes de sa présence. Peu ou prou nous l'imaginons et l'espérons comme un tout puissant qui supprimerait les formes de mal qui nous font souffrir ici-bas. Les circonstances de la vie nous font douter nous aussi et nous pouvons nous dire parfois : où est Dieu ?

Les croyants que nous sommes ici-bas avancent et témoignent avec la force et la lumière de la foi qui nous font rendre compte de notre rencontre de Dieu et en même temps nous le faisons humblement, habités par une recherche de Dieu toujours en éveil, toujours voilée  sous les signes perceptibles ici-bas. Ce temps de l'Avent chaque année nous rappelle cela : Nous qui croyons en Jésus, en Dieu Père, Fils et Saint Esprit, nous sommes aussi de ceux qui l'attendons. Nous attendons sa venue dans la gloire, Nous attendons le moment du « face à face » où nous le verrons tel qu'il est et non tel que nous l'imaginons. Mais notre marche de croyant n'est pas sans certitude : En Jésus, Il s'est révélé comme un Dieu amoureux des hommes au point de venir prendre notre visage. Oui nous le reconnaissons semblable à nous, comme dit Paul, en toutes choses sauf le péché. Et cette absence de péché le révèle proche de chacun de nous comme le visage du père et de la mère qui ne peuvent abandonner leur enfant, en tous cas comme celui qui donne sa vie pour nous, qui nous cherche plus encore que nous ne le cherchons.

Ce temps de l'Avent est bon pour nous. Humblement nous nous reconnaissons des chercheurs de Dieu, nous qui en même temps proclamons qu'Il est venu en Jésus, le Christ.

Que ces jours qui nous séparent encore de la fête de Noël nous permettent de crier vers Dieu : « Viens, Seigneur, Viens nous sauver. »