Père Michel Pagès | 28 novembre 2025
En ce Temps de l'Avent qui nous prépare à Noël, peut-être pouvons-nous entendre le témoignage de cette femme Etty Hillesum (1914-1943) qui mourra au camp d'Auschwitz. Face aux menaces nazis, elle écrivait : « Les menaces extérieures s'aggravent sans cesse, la terreur s'accroît de jour en jour mais j'élève ma prière comme un mur protecteur plein d'ombre, comme dans la cellule d'un couvent et j'en ressors plus concentrée et plus forte »… (lire « Une vie bouleversée »). Les images ne manquent pas pour parler et vivre ce Temps d'attente…Il y a l'évocation du déluge qui ne parle que de catastrophe mais d'un juste, Noé, qui a su protéger ce qu'il pouvait (Gn 7-8). Dans l'Evangile (Mt 24, 37-44), il y a aussi cette attention à l'ordinaire de la vie, comme « manger, boire, se marier », qui cache ou prépare quelque chose de moins ordinaire et qui est de l'ordre d'une promesse ! Comment entendre et réaliser dans sa propre vie que « le temps est court », « que nous ne connaissons ni le jour ni l'heure », que « demain il peut être trop tard » ? Comment accueillir cet appel permanent de la Bible qui consiste à rester vigilant mais confiant, pas dans la catastrophe ou la menace, mais dans une forme de « veille » qui rend attentif aux « alarmes » de la vie et aux « protections de nos maisons pour qu'elles ne soient pas fracturées » ? En humanité, la tentation est grande et facile de s'assoupir, d'oublier, de perdre le sens de l'urgence ou de la fragilité de la vie. L'appel de l'Evangile ne cessera de résonner pour nous « réveiller » ! Acceptons-nous d'entendre ces choses ? Acceptons-nous de nous réveiller de tel ou tel endurcissement ou endormissement ? Acceptez-vous de prendre du temps, ces semaines qui nous préparent à Noël, pour regarder un peu « autrement » nos vies, nos impatiences, nos attentes, nos lassitudes, nos peurs et honorer une vie intérieure ? Les visages de « catastrophisme » sont légion en ces temps que nous vivons, qui l'ignore ? On peut douter ou désespérer de tout et de tous, qui l'ignore ? Est-ce ainsi qu'on est appelé à vivre ? Est-ce notre destin accablant ou est-il ailleurs et autrement ? Le message évangélique nous dit qu'il faut changer de regard sur nos vies et sur le destin des hommes et qu'une Espérance est à notre portée. Saint Paul parlait ainsi tout à l'heure : « D'autant que vous savez en quel temps nous sommes et qu'il est l'heure de vous réveiller de votre sommeil, car le salut est plus proche de nous que lorsque nous sommes venus à la Foi » (Rm 13, 11-12). Il est toujours temps de croire, d'aimer et d'espérer. Père Michel Pagès, recteur du Sanctuaire