Père Michel Pagès | 5 septembre 2025
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs et même à sa propre vie…il ne peut être mon disciple » Luc 25, 25-33. Au fait, « c’est quoi, être disciple ? » murmurent certains… Il me semble juste de dire que nous sommes appelés à « consentir au Christ » ! Consentir ! L’évangile dit « préférer le Christ » et ce n’est pas rien quand on met sur la balance, un père, une mère, un époux, une épouse, ses enfants, sa famille, sa vie ! Dans la conduite de nos vies, nous sommes enclins, et c’est en partie légitime, à suivre nos impulsions personnelles, nos intérêts, nos goûts, l’idée que nous nous faisons « des choses »… Et voilà que le Christ nous demande de voir les choses un peu autrement, sans doute parce que la vie passe vite, que les liens humains sont fragiles…mais davantage qu’il faut donner à notre relation à la personne du Christ, toute sa valeur, sa profondeur et son déploiement…
On ne connaît vraiment l’Evangile, je veux dire la réalité de l’Evangile, que si l’on accueille dans le concret de nos vies, cette orientation qui veut nous mener plus loin dans nos relations, peut être les renouveler, peut être les changer, peut être les approfondir à cause de ce que le Christ nous fait deviner et comprendre. Nous sommes faits « pour Dieu ». Nous sommes appelés à grandir dans sa connaissance et dans sa présence. Nous avons une semence d’Espérance en nous qui nous fait voir plus loin, plus haut que l’immédiateté des choses ! Pas d’angélisme mais une ouverture, l’inverse d’un repli, d’une rumination, d’une peur des choses et des gens. Et cela au plein cœur d’un monde qui ne va pas bien, qui doute de lui-même, qui prend conscience de ses limites, de ses moyens, de son environnement, de ses perspectives… J’ai un souvenir qui m’est revenu et qui date juste d’ avant les années Covid, c’était en avril 2019, l’incendie de Notre Dame de Paris et le commentaire de Mgr Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg : « Parfois, tout se passe comme si les choses et les lieux allaient de soi. Alors quand ça va mal, on s’inquiète et face à cet incendie que personne ne croyait possible, nous prenons conscience qu’ils sont notre âme, un signe d’ouverture et de sens à la vie, mais une question me vient : n’attendez pas qu’une cathédrale brûle pour vous intéresser aux vrais choses qui font l’humain, dans sa dignité, dans sa profondeur, dans sa vérité. Que faites-vous en ce monde pour le dire, le manifester et en rayonner ? N’attendez pas de donner un visage à ce que Jésus appelle disciple! »…Père Michel Pagès, recteur du Sanctuaire