Eglise Saint-Jérôme L'Adoration Perpétuelle à Toulouse

15 août 2021 ASSOMPTION

Père Lizier de Bardies |  3 septembre 2021

Si vous le voulez bien, frères et sœurs, rejoignons en pensée les pèlerins
qui se pressent à Lourdes pour ces journées de pèlerinage national de l'Église de France. L'évêque qui préside le pèlerinage, cette année, est l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Le thème en est : « Tous appelés à la fraternité ».
*Je reprends le début de l'Évangile : « En ces jours-là, Marie se mit en route
et se rendit avec empressements vers la région montagneuse, dans une ville de Judée… ». Ce récit suit, dans l'évangile de Luc, le récit de l'Annonciation, Marie vient d'apprendre de la bouche de l'archange Gabriel la grossesse d'Elisabeth, sa parente âgée, réputée stérile. N'est-ce pas l'amour fraternel de Marie pour sa parente avancée en âge, qui la pousse à se rendre immédiatement auprès d'elle ?
Les paroles du récit évangélique nous font percevoir avec les yeux du cœur
la jeune fille de Nazareth en chemin vers la « ville de Judée » où demeurait sa
cousine, pour lui offrir ses services. Ce qui nous touche avant tout en Marie,
c'est son attention pleine de tendresse envers sa parente âgée. C'est un amour concret, qui ne se limite pas à des paroles de compréhension mais qui s'engage personnellement dans une véritable assistance. À sa cousine, la Vierge ne donne pas simplement quelque chose qui lui appartient ; elle se donne elle-même, sans rien demander en retour.
*« Tous appelés à la fraternité ». Le meurtre du P. Olivier Maire prieur
provincial de la congrégation des Montfortains, dont les obsèques ont été
célébrées vendredi à Saint-Laurent sur Sèvres par Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims et président de la conférence des évêques de France, et en présence du ministre de la justice, cet assassinat nous interroge évidemment sur le sens chrétien de l'appel à la fraternité, à l'accueil, et à l'entraide.
Aux tentatives de récupération politique dérisoire que nous avons pu lire çà
et là dans la presse, je préfère ces lignes écrites dans le quotidien « Le monde » : « On peut lire la terrible destinée du père Olivier Maire comme une parabole du message biblique qui considère l'accueil de l'autre comme une vertu cardinale.
En ouvrant sa porte sans condition à un étranger en situation irrégulière,
probablement malade psychiatrique, jusqu'à y perdre la vie, le missionnaire a
fait preuve de courage, mais il a aussi porté et vécu jusqu'au bout ses
convictions et son expérience chrétiennes. » .
*« Tous appelés à la fraternité ». C'est aussi en ces termes-là que je poserai
la question de la vaccination contre la Covid 19 que le gouvernement cherche à imposer. Nous ne pouvons pas écouter seulement nos protestations
personnelles individualistes, et, je dirai, auto référentielles. Certes, chacun de
nous est dépendant des informations qu'il reçoit, et des sources qui les
alimentent. Mais je me fais dans ma petite tête la réflexion suivante : si la
vaccination est actuellement le moyen le plus simple, le plus accessible, et le
plus rapide pour limiter les risques d'encombrer les urgences des hôpitaux et de transmettre le virus à des personnes plus vulnérables que moi, n'est-ce pas un devoir moral de me faire vacciner ? C'est pour ce motif que je m'y suis résolu dès le départ. Une des premières paroles de Dieu à la descendance d'Adam et Eve – je veux parler de Caïn – n'est-elle pas : « Qu'as-tu fait de ton frère ? »
*Aujourd'hui, l'Église célèbre donc la glorieuse Assomption au Ciel de Marie
avec son corps et son âme. Cette fête proclame la sainteté de Marie, dont la
destinée humaine est dès à présent parfaitement et définitivement réalisée en
Dieu. « Quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai vous prendre
avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi », avait dit Jésus. Marie est le gage de l'accomplissement de la promesse du Christ. Son Assomption devient pour nous « un signe d'espérance assurée et de consolation », comme l'écrit la
Constitution sur l'Église du Concile Vatican II.
Mais si Marie a une place unique dans l'histoire du salut et dans le plan de
Dieu, si elle est la merveille achevée de la création de l'humanité à l'image de
Dieu, elle appartient à notre humanité commune. Car Marie, notre Mère dans
l’Église, est aussi notre soeur en humanité. Première entrée, après son fils, dans la gloire du royaume, elle est notre modèle et elle sera notre guide pour ce pèlerinage dans la foi que constitue notre vie sur cette terre. Marie n'est pas
comme une île isolée, mais bien plutôt le cap le plus avancé de notre continent
humain. Et la figure de Marie en son assomption nous rappelle enfin que chacun de nous est appelé à une plénitude de vie qui va bien au-delà des dimensions de notre existence sur terre, puisqu'elle est la participation à la vie même de Dieu.
Première des disciples de Jésus, Marie n’a cependant ni tout connu, ni tout
compris dès le commencement, elle a connu comme nous les difficultés de la
foi, l’angoisse, la douleur, la souffrance. Mais ce qui l’a gardée du
découragement et de tout péché, c’est, au fond, son humilité, c’est-à-dire le
total abandon d’elle-même à Dieu dans la foi : oui, « Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi ! ; oui, « Bienheureuse, celle qui a cru à
l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ».
*Frères et sœurs, décidément rejoignons en pensée la multitude des
pèlerins qui se pressent à Lourdes en ce jour. Car si Marie a la première place
auprès du Christ, cette place ne peut être que la plus proche de nous. C'est
pourquoi les fidèles accourent en foule près de la grotte ; avec eux écoutons les avertissements maternels de la Vierge, reconnaissons en elle « la femme revêtue de soleil », la Reine qui resplendit près du trône de Dieu, comme l'exprimait le Psaume, et qui intercède en notre faveur.
Amen !