Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

10 septembre 2023 – 23e dimanche du Temps Ordinaire

Père Christian Teysseyre |  10 septembre 2023

« Lier et délier »…. ce qui se noue et  ce qui est à dénouer… des nœuds à défaire !

Une parole déclarative, instituante : Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel sera lié dans le ciel, tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans les cieux.

Il y a ce que l'on entend immédiatement :

  • Ce qui se passe sur terre se trouve dès lors au ciel. Il y a une continuité, qui vient souligner l'enjeu de la terre. La terre est donc loin d'être anecdotique, sans importance, comme si c'était une parenthèse. Sur la terre comme au ciel
  • Tout ce que vous aurez – Ce « vous » qui est-il ? les disciples comme apôtres ? la communauté de salut ?

A cause d'une parole semblable que Jésus a dite à Pierre, précédemment on a souvent compris ce passage ainsi, soulignant le rôle institutionnel de l'Église, chargée de remettre des péchés. Pouvoir de l'Église de lier/délier.

Mais ce n'est pas le contexte de l'évangile de ce jour. Ici il s'agit de nos relations mutuelles, de ce qui est dû entre frères, de ce qui s'engage les uns à l'égard des autres

On pressent bien que ce « vous » est plus vaste que le ministère apostolique, le ministère ordonné, que ce vous nous inclut tous ; que délier et délier ne recouvrent pas seulement le pouvoir d'absoudre les péchés au nom du Christ ou de signifier les liens et les engagements sacrés que nous contractons, mais qu'il indique notre responsabilité les uns à l'égard des autres.

La question est simple !

  • Lier : c'est établir un lien, faire vivre une relation. Que faisons-nous vivre ?
  • Délier, c'est soustraire les autres et soi-même à l'emprisonnement, aux chaînes. Il y a des chaînes nombreuses. Que faisons-nous pour libérer ?

Ces actes ont donc une valeur infinie bien au-delà de l'instant et du maintenant. Ils ont valeur d'éternité, parce qu'ils sont animés par l'amour des autres.

Ces paroles soulignent notre responsabilité. Nous engageons à tout instant bien plus que nous ne pensons. Nous avons une mutuelle responsabilité dans le pardon à donner sans compter, comme Jésus nous y invite dans cet enseignement. C'est là, un signe de la réalité nouvelle qui caractérise la communauté des disciples du Christ, le témoignage d'un amour mutuel comme le dit l'apôtre Paul aux Romains. Il précise que c'est la seule dette que nous aurons toujours, dont nous ne serons jamais quitte, celle de l'amour mutuel.

M'est venu alors à l'esprit une autre image voisine. Celle des nœuds. Que de nœuds inextricables dans nos vies ! Les nœuds c'est souvent ce qu'on n'arrive pas à défaire, une situation qui dure, qui semble sans issue, dans un embrouillement.

D'ailleurs ce terme d'embrouillement se rencontre de plus en plus dans les faits divers de violences : il est assez révélateur de qui dégénère, de ce qu'on ne maîtrise plus, de ce qui s'enchaine et conduit vers une impasse et un désastre.

Je savais qu'il y avait une dévotion à Notre Dame qui défait les nœuds. Je gardais en mémoire tel propos du pape François qui avait évoqué ces situations où tout s'embrouille. N'avait-il pas à plusieurs reprises recommandé d'invoquer Marie dans ce but, dévotion qui lui est chère depuis longtemps, bien avant son accession au pontificat.

 De quand datait cette dévotion avec cette expression bien caractéristique et assez curieuse (très familière) : faire des nœuds, défaire des nœuds. J'ai découvert que cette dévotion date des années 1700, à la suite d'une intercession adressée à la Vierge Marie, en faveur d'un couple qui connaissait la désunion, pour que l'harmonie conjugale soit retrouvée en défaisant tous les nœuds qui ne cessaient de s'ajouter jour après jour. Le soubassement de cette dévotion mariale est en fait plus ancien. Il découle du regard que les chrétiens ont porté sur Marie, mère de toute grâce, comme Mère du Christ. Nous aimons nous le rappeler alors qu'avant-hier nous célébrions la Nativité de la Vierge Marie.

Nous sommes invités à regarder les nœuds qui se forment dans nos vies auxquels nous finissons par nous habituer, créant des situations sans issue en nous-mêmes et vis-à-vis des autres. Ils sont au cœur de nos relations les plus proches. Ce sont nos cœurs et nos vies qui se trouvent noués.

Ils sont une blessure inguérissable : nœuds des disputes familiales, de l'incompréhension entre parents et enfants, du manque de respect, de la violence ; nœuds du ressentiment entre époux, du manque de paix et de joie au sein des familles, nœuds de l'angoisse, nœuds de la rupture entre époux, nœuds de la douleur insurmontée à l'égard d'enfants qui s'éloignent ou s'égarent. Ce sont les blessures morales provoquées par les autres, la rancœur qui nous torture.

Mais c'est aussi le sentiment de culpabilité à l'égard d'actes passés, d'échecs, le mensonge dont on ne sait plus sortir. Nœuds de nos peurs, de la solitude, de l'incrédulité, de l'orgueil…, tous ces nœuds qui dans nos vies sont la conséquence du péché.

Ah, les nœuds de nos vies ! ces nœuds que chacun connaît. Ils étouffent notre âme, nous abattent, nous enlèvent la joie du cœur et même la volonté de continuer à vivre. Ces nœuds nous éloignent de Dieu, nous enchaînent, et nous replient sur nous-même. Tous ces nœuds affaiblissent notre foi.

Alors que faire ?

Accepter de délier nos vies. Accepter d'accueillir la grâce de Dieu et le renouvellement qu'elle suscite. Accepter de s'engager dans un travail de délivrance et de libération.

Nous ouvrir à la confiance en Dieu, en nous-mêmes, dans les autres.

Réapprendre à écouter Dieu, à écouter ce qu'il dit à notre cœur, consentir au chemin à parcourir.

Bien des vies ont un jour découvert que la seule issue devant la dérive irrémédiable était une conversion à vivre, une renaissance à accueillir, en se tournant vers Dieu, en se mettant à son écoute.

Cela nous concerne chacun dans ce qu'il est, concerne inéluctablement ce que nous vivons par rapport aux autres, ce qu'il nous est demandé de délier.

Nous avons et nous aurons à rendre compte de cela, comme le rappelait le prophète Ezéchiel, de ce que nous aurons fait pour que les autres vivent.

Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel

Tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel

L’Église a besoin de vous…

Les Prêtres

Père Michel Pagès

Le Père Michel Pagès tient une permanence d'accueil dans l'église, le mercredi et le samedi de 15h 00 à 18h 00

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