Eglise Saint-Jérôme L'Adoration Perpétuelle à Toulouse

Saint-Jérôme – 30 septembre 2021 Homelie du Chanoine Christian Teysseyre

4 octobre 2021

En ce jour je voudrais vous inviter à considérer comment fait-on un saint ? A vrai dire, je n'entends pas vous parler de la manière dont l'Église procède à une canonisation. Mais plutôt comment une vie accueille la sainteté de Dieu, comment une vie est modelée par Dieu. Chaque saint a vécu cela et le vit d'une manière unique et c'est cela qui est fascinant : aucun saint ne ressemble à un autre. Chacun a sa physionomie, son visage propre. Certains nous parlent immédiatement plus que d'autres. Aujourd'hui regardons Jérôme, saint Jérôme.
Saint Jérôme nous rejoint dans les grands contrastes de sa vie.
Il est né vers 347 à Stridon qui devait se situer en Slovénie/Croatie. Il est le fils unique et gâté d'une famille riche. On n'a pas de peine à entrevoir la place qu'il pouvait occuper, la place qu'on lui donnait. Il n'a pas dû manquer de cette reconnaissance dont chacun a besoin pour croître. Dès l'âge de 12 ans, il part pour Rome où il va étudier la grammaire, la rhétorique, la philosophie, l'astronomie. C'est dire qu'on entend lui donner les moyens d'une formation primordiale et ainsi trouver une place honorable dans la vie intellectuelle de son temps.
Il était né de parents chrétiens et pourtant comme bien d'autres à cette époque, le chemin de la foi avec les grandes exigences qu'elles comportent ne va s'ouvrir que tardivement. À 18 ans il décide de devenir chrétien et demande le baptême, s'inscrit au temps du catéchuménat. On ne sait pas bien depuis quand il était entré en catéchuménat ? À l'époque il n'y avait pas une durée commune, uniforme ; chacun en fonction de sa situation pouvait avoir une attente assez longue. Jérôme est baptisé dans la nuit de Pâques 365. Cela traduit sa capacité de décision. Il n'a pas remis à plus tard.   Il veut immédiatement de consacrer à Dieu. Un chemin commence qui va durer une dizaine d'années à la recherche de sa vocation, ce qu'il va faire.   La vie continue. Il poursuit des études en Gaule à Trèves. Il entame une formation théologique. Il fréquente de nouvelles communautés monastiques.
Vers 373, il part pour Antioche en Syrie où il poursuit sa formation en théologie et enseigne.
Il décide de rejoindre la vie monastique, notamment dans sa forme érémitique telle que l'Orient la pratique. Il va vivre en ermite au désert de Chacis en Syrie en 376 où il passe deux ans. Qui dit ermite, dit solitude, présence à Dieu, pénitence, travail, et aussi contact avec les voyageurs, attentifs à rencontre des hommes de Dieu.

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15 août 2021 ASSOMPTION

3 septembre 2021

Si vous le voulez bien, frères et sœurs, rejoignons en pensée les pèlerins
qui se pressent à Lourdes pour ces journées de pèlerinage national de l'Église de France. L'évêque qui préside le pèlerinage, cette année, est l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit. Le thème en est : « Tous appelés à la fraternité ».
*Je reprends le début de l'Évangile : « En ces jours-là, Marie se mit en route
et se rendit avec empressements vers la région montagneuse, dans une ville de Judée… ». Ce récit suit, dans l'évangile de Luc, le récit de l'Annonciation, Marie vient d'apprendre de la bouche de l'archange Gabriel la grossesse d'Elisabeth, sa parente âgée, réputée stérile. N'est-ce pas l'amour fraternel de Marie pour sa parente avancée en âge, qui la pousse à se rendre immédiatement auprès d'elle ?
Les paroles du récit évangélique nous font percevoir avec les yeux du cœur
la jeune fille de Nazareth en chemin vers la « ville de Judée » où demeurait sa
cousine, pour lui offrir ses services. Ce qui nous touche avant tout en Marie,
c'est son attention pleine de tendresse envers sa parente âgée. C'est un amour concret, qui ne se limite pas à des paroles de compréhension mais qui s'engage personnellement dans une véritable assistance. À sa cousine, la Vierge ne donne pas simplement quelque chose qui lui appartient ; elle se donne elle-même, sans rien demander en retour.

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Homelie du 20 juin 2021 A. de Percin

25 juin 2021

Cher frères et sœurs,

Le récit que nous venons d'entendre se situe au début de l'Évangile de Marc, c'est-à-dire que nous sommes encore dans cette période de découvertes par les disciples de la personnalité de Jésus. Et comme Paul, bien des années plus tard, ils devront abandonner la manière humaine de connaître Jésus pour poser l'acte de foi en celui qui vient nous sauver.

Les disciples sont au début de leur compagnonnage avec Jésus, il est donc normal que les apôtres s'interrogent sur sa personnalité : ils le voient fatigué comme un homme, ils vivent quotidiennement avec lui, ils le considèrent comme un maître et ils lui voient faire de nombreux miracles. Et voici que maintenant Jésus commande aux éléments, au vent et à la mer. S'ils ne peuvent pas poser encore un jugement définitif sur Jésus, ils sont dans l'interrogation, ils essayent de comprendre. Mais sans la foi, qui sera le fruit du matin de Pâques, peut-on aller plus loin que l'interrogation ?

C'est la foi qui nous fait comprendre de l'intérieur la personne de Jésus, comme c'est l'amour qui permet de comprendre véritablement un être humain. Et cette foi naîtra de la résurrection qui, comme elle illumine le corps de Jésus, illumine aussi sa vie et nous permet de comprendre la vérité et la justesse des actes qu'il a posés. Les disciples pourront alors passer d'une compréhension extérieure des actes de Jésus à une compréhension intérieure du Sauveur. Car se limiter aux gestes extérieurs de Jésus, au Jésus de l'histoire, peut empêcher de poser le véritable acte de foi. « Aujourd'hui, écrivait le cardinal Ratzinger en 2000, la tentation est grande de réduire Jésus-Christ, le fils de Dieu, à un simple Jésus historique, à un homme pur. On ne nie pas nécessairement la divinité de Jésus, mais, au moyen de certaines méthodes, on distille dans la Bible un Jésus à notre mesure, un Jésus possible et compréhensible d'après les paramètres de notre historiographie. Les 2000 ans d'histoire du Jésus historique reflètent fidèlement l'histoire des philosophies et des idéologies de cette période. »

Le Jésus faible, fatigué et dormant sur le coussin et le Jésus fort qui calme la tempête sont la même personne, l'unique Jésus, vrai Dieu est vrai homme. Notre méditation peut nous conduire à nous arrêter plus à l'un ou l'autre aspect, mais notre foi nous fait tenir les deux, dans l'unique personne de Jésus, verbe incarné. Et c'est de cette foi dont Jésus veut nous parler dans cet Évangile de façon à nous en donner le véritable sens. Cette foi qui est capable de faire le saut entre le Jésus de l'histoire et le Christ Sauveur.

Le plus souvent on oppose à la foi le scepticisme, le doute voire la présomption de la raison. Sans rien exclure de tout cela, Jésus, lui, oppose à la foi quelque chose de plus inattendu : la lâcheté, la peur, le manque de courage. Et cela peut s'entendre de deux manières complémentaires. D'une part, parce que la foi devrait donner du courage, et d'autre part parce que la foi demande du courage.

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ASCENSION ÉCOUTER LA PAROLE 13 MAI 2021

14 mai 2021

ASCENSION ÉCOUTER LA PAROLE 13 MAI 2021
L'Ascension de Jésus ressuscité qui « fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » – écrit Marc – s'inscrit dans la lumière de Pâques, ou plutôt dans cet élan unique de surgissement de Jésus depuis les profondeurs du tombeau et de la mort, qui le conduit à « passer, selon les mots de saint Jean, de ce monde au Père… » Le même évangile selon saint Jean rapporte ces paroles du ressuscité à Marie-Madeleine : « Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu ».
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Rappelez-vous, frères e soeurs, c'était l'année dernière : nous n'avons pu célébrer les fêtes pascales, ni l'Ascension dans notre église.
Pendant toute la période du confinement beaucoup de prêtres et de paroisses ont déployé des prodiges d'ingéniosité et de ténacité pour rejoindre leurs ouailles par les réseaux numériques. Combien de curés ne se sont-ils pas astreints à apprendre à manier facebook, YouTube, ou autre zoom, afin que les paroissiens puissent suivre depuis chez eux et sur leurs écrans les messes que les pasteurs célébraient seuls dans leur église ou leur presbytère, face à quelque opérateur qui tenait la caméra. Des temps d'adoration virtuelle ont été aussi proposés via des images en plan fixe, sur le Saint-Sacrement exposé. Il s'agissait de donner à voir, donner à voir la messe, donner à voir l'hostie, la vue étant convoquée à la prière…
Tout cela a fait beaucoup de bien, et a permis à beaucoup de fidèles de se sentir accompagnés, soutenus, et même rejoints par leurs prêtres, même si l'absence de la communion autre que spirituelle comme de la présence réelle de l'assemblée marquait de plus en plus au fil des jours et des semaines.
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Tout cela est – redisons-le – bel et bon, et il y a longtemps que les messes dominicales (sans parler des grands rassemblements comme par exemple les Journées mondiales de la jeunesse) retransmises depuis des décennies sur les écrans de monde entier rendent de singuliers services aux chrétiens empêchés de se joindre à l'assemble le jour du Seigneur. Mais cette omniprésence du dieu-écran ne doit pas nous égarer : le christianisme est religion de la parole et en aucun cas religion de la vue ou de la vision, et c'est d'abord cette Parole qu'il faut transmettre et annoncer, via aussi toutes les possibilités qu'offrent les réseaux numériques, bien plus que des images. C'est l'ordre de Jésus dans cet évangile : « Allez dans le monde entier. Proclamez l'Évangile à toute la création ». Et Marc résume donc l'activité des apôtres en ces termes : « Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout l'Évangile. » Aux Ephésiens Paul écrit que les dons que Dieu a faits aux hommes, ce sont les hommes de la Parole : « les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. »
– La foi naît de l'audition, écrit le même saint Paul aux Romains. L'image conduit à l'idole.
Dans la Bible, Dieu se donne à entendre, il se révèle par sa parole, il est le Nom à invoquer, mais il ne se donne jamais à voir, et le premier commandement que recevra Moïse sur le Sinaï comportera cette clause : « Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. » Car la parole, précisément, ‘dit' quelque chose, elle interpelle, elle établit une relation, elle propose une alliance ; on peut l'écouter ou la rejeter, lui obéir ou la nier, mais la parole ne se laisse ni saisir ni enfermer. L'image, elle, ne ‘dit' rien, elle enferme, elle capte et hypnotise, on peut mette la main sur elle, la posséder. Elle est immobile, inerte, nie toute relation car elle renvoie à soi-même. Elle est mortifère.
La Parole, elle, est créatrice, elle est Esprit et elle est Vie.
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« Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée : c'est là qu'ils me verront. » avait, certes, dit le Ressuscité aux femmes accourues au tombeau au matin de Pâques. Mais la vision ne peut être que décevante : « Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes… » Et les évangélistes d'insister, d'ailleurs, sur ce fait étrange que les apôtres qui voient Jésus ressuscité ne le reconnaissent pas. Ne disparaît-il pas aux yeux des disciples d'Emmaüs après qu'il s'est fait reconnaître à la fraction du pain ? « Il vit, et il crut » écrit saint Jean »… car ce qu'il vit en entrant dans le tombeau, c'était qu'il était vide.
Oui : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
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« Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder… » Voilà la parole que nous méditerons en ce jour de l'Ascension de Jésus auprès du Père.
Être disciple de Jésus ne consiste pas à scruter le ciel. Et la vision béatifique en paradis, qui comblera tous nos désirs, est hors de saison. Jésus n'a rien écrit, rien laissé à voir, transmis aucune image à adorer. Ce qu'il laisse est invisible pour les yeux : la Parole ; et l'Esprit qui l'inspire, aussi invisible, puissant et insaisissable que le vent… Avec tout cela Jésus est avec nous « tous les jours, jusqu'à la fin du monde ». Particulièrement lorsque deux ou trois sont réunis en son nom. Le rassemblement dominical est irremplaçable.
Si les prodigieux moyens de communication sociale donnent des moyens inédits à l'annonce et la diffusion de l'Évangile, il me semble que c'est au service de la parole annoncée, proclamée, transmise, écoutée et gardée qu'il faut les mettre. Car Dieu se donne bien comme image à chercher et à contempler, mais ce n'est pas sur les écrans du continent numérique. N'est-ce pas plutôt en ton frère, et dans ton coeur, là où la Parole elle-même se fait lumière, qu'il se laisse trouver ?

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Veillée Pascale au matin de Pâques 4avril 2021 Père Christian Teysseyre

15 avril 2021

Nous voici, de grand matin, à une heure inaccoutumée, dans le contexte particulier de cette année. Nous avons rejoint les femmes myrophores – porteuses de parfums : Marie Madeleine, Marie mère de Jacques et Salomé. Elles allaient à la pointe du jour remplir les devoirs funéraires qui n'avaient pu être accomplis antérieurement à cause du sabbat.
Nous aussi nous sommes avec la mémoire de ce Jésus, de ce que nous avons connu de lui, de ce qu'il nous a été donné de partager de son chemin. Nos cœurs vont riches d'un passé. Mais qu'espérer encore ? Il suffit de garder le message et le souvenir du chemin parcouru. La mémoire du crucifié prend toute la place à cette heure matinale. Et les femmes n'ont d'autre question que celle de savoir qui leur roulera la pierre du tombeau pour y entrer et remplir leur
ultime geste de respect et de vénération, le devoir prescrit, mues par la compassion et l'attachement.
Et puis voilà que le tombeau est ouvert. Par qui ? pourquoi ? Elles entrent, et voici qu'un messager, vêtu de blanc, vêtu de la lumière divine leur dit : « Ne soyez pas effrayées. Vous cherchez le crucifié ? Il est ressuscité. Il n'est pas ici. Voici l'endroit où on l'avait déposé. Allez dire à ses disciples et à Pierre. IL vous précède en Galilée. Là vous le verrez »
Oui, n'ayons pas peur ! Osons accueillir l'indicible, l'inconnu. Ne nous laissons pas arrêter par ce qui est notre espace familier de pensée, ce qui relève de notre manière de comprendre le réel, d'agencer notre vie, de nous satisfaire de nos certitudes, de côtoyer nos préventions et nos peurs qui nous empêchent de vivre et de croire au jour le jour.
La peur, elle, nous a habités ; elle nous habite ! Souvenons-nous de tout ce que nous avons traversé depuis un an. Les peurs du début de la pandémie avec le contrôle exercé sur tous les gestes que nous pouvions poser, comme à l'égard de toutes les personnes que nous pouvions croiser, rencontrer. Peur de vivre, peur de mourir. Cette peur demeure très vivace chez certaines personnes jusqu'à les plonger dans l'angoisse, tandis que d'autres vont insouciantes, se jouant de toutes les peurs / comme aiment le faire les adolescents, fascinés par les risques, dans une protestation où le risque de vivre et le risque de mourir se confondent.

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Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur – Année B Par Arnaud de Percin Diacre

29 mars 2021

Chers Frères et chères Sœurs,,

Nous voici donc au pied de la Croix. Un homme lève les yeux vers celui qui a été crucifié et s'écrie « vraiment cet homme était le Fils de Dieu ». Cet homme, c'est le païen, le centurion de corvée d'exécution qui a dû monter au Golgotha. Qu'est-ce qui a pu bouleverser à ce point le cœur de cet homme pour qu'il reconnaisse en Jésus le Fils de Dieu ? Quelle secousse intérieure pour que ses yeux se soient ouverts et qu'il ait pu confesser : « Jésus est le Fils de Dieu » ? La foule alentour ricanait : « S'il est le Fils de Dieu, que Dieu vienne et le sauve ! » ;

D'autres baissaient les yeux, honteux de ce qu'ils voyaient ; d'autres se poussaient du coude, d'autres se racontaient des histoires, d'autres étaient là parce qu'ils ne pouvaient faire autrement. Qui, parmi cette foule, était vraiment libre ? Qui osait penser par lui-même ce qu'il pensait ? Qui osait dire ce qu'il pensait ? Qui osait affronter les autres ? Qui osait ne pas suivre comme un mouton les mots d'ordre des chefs qui avaient dit : « Il faut y aller, il faut demander sa mort, il faut crier, et le pouvoir cédera ! ». Et Pilate avait cédé.

On peut faire crier une foule, on peut faire passer des mots d'ordre, on peut faire plier une autorité. Qui était libre au pied de la croix ? Le centurion, obligé d'être là par corvée, qui lève les yeux et qui dit : « Celui-là était le Fils de Dieu ».

Alors, je réfléchis : qu'est-ce qui est de nature à changer quelque chose dans le monde ? Qu'est-ce qui peut changer quelque chose pour que les choses aillent mieux, au moins pour qu'elles aillent moins mal, surtout aujourd'hui dans la période du Covid… ? Pour que l'avenir soit moins sombre ? Pour qu'il y ait quelques lueurs au bout du chemin que nous, que vous parcourez année après année en faisant vos études, en travaillant, ou lors de votre vie familiale, … ? Quelle est la puissance qui peut bouleverser le monde ? Tout le monde croit que c'est la force. L'empereur de Rome croyait que c'était la force qui gouvernait le monde, le puissant procurateur croyait que c'était sa force qui gouvernait la Judée, et sa force a plié devant une violence comparable.

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