Eglise Saint-Jérôme L'Adoration Perpétuelle à Toulouse

Homélie d’Arnaud de Percin Diacre 13/9/2020

18 septembre 2020

Chers Sœurs et chers frères,

Il donc important de prendre le temps de recevoir ce qui nous est donné, pour rendre la société plus humaine.

Dans l'évangile que nous venons d'entendre quelques mots me semblent important à regarder :

« Saisi de pitié ».

La pitié est ce qui situe chacun de nous à sa juste place, devant son frère qui le demande, le requiert, pour pouvoir vivre.

Peut-être, sommes-nous bien des fois sollicités à prendre pitié, dans la rue, par nos collègues, par nos amis, en famille… Peut-être aussi, demandons-nous la pitié à quelqu'un, nous lui demandons de nous pardonner, d'effacer notre tort, de restaurer la relation…

Peut-être aussi, recevons-nous de lui ce cadeau inestimable du pardon, de pouvoir recommencer… Et là, se joue aussi beaucoup de notre humanité. Ma demande a-t-elle été faite à quelqu'un de qui j'attendais vraiment le pardon, ou bien n'était-elle qu'un moyen pour avancer selon mon objectif propre, ramenant l'autre à un simple moyen que j'oublie aussitôt qu'il a rempli son office…

Ai-je pris le temps de goûter ce qui m'était donné ?

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Homélie pour les obsèques de Mady Mesplé du père Lizier de Bardies

8 juin 2020

La dernière fois que j'ai rencontré Madame Mady Mesplé c'était le 5 novembre dernier, dans le Salon Rouge du Capitole, où le Président Nicolas Sarkozy, en présence de Monsieur Jean-luc Moudenc, avait tenu à remettre lui-même à Mady Mesplé la Grand-Croix dans l'Ordre national du Mérite. Elle se tenait droite dans le fauteuil où elle était assise, digne, élégante dans une belle robe bleue, attentive, souriante, malheureusement silencieuse. Ses nombreux amis avaient espéré aussi, il y a bientôt un an – c'était le 20 juin 2019 – une dernière apparition publique pour la Première de la reprise de Werther au théâtre du Capitole, dont la représentation était donnée ce soir-là en son honneur et à son hommage. Sa fragilité due à la maladie ne lui avait pas permis.

« L'aventure de la mort se partage mal. On s'en approche sur la pointe des pieds, avec une fuite en soi, comme du bord d'un abîme. La mort, c'est d'abord plus personne, et puis une personne à qui l'on peut parler, enfin ! ». Cette phrase est d'une autre immense voix toulousaine, Claude Nougaro, qui évoquait la mort de son père Pierre, dans le livre « Toi, mon Père », paru en 2002.

Oui l'aventure de la mort se partage mal, mais ceux qui nous quittent ne disparaissent pas, ils nous établissent dans l'invisible, et dans une Présence, celle qui s'est levée, un beau matin le jour de Pâques. Dans le mystère du Christ mort et ressuscité, ce mystère dans lequel nous sommes plongés par le bain du baptême, toute mort devient naissance et passage. Passage avec Jésus ressuscité, de ce monde au Père. Les paroles de l'Écriture que nous venons d'écouter nourrissent cette espérance :

« Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. » disait le Livre de l'Apocalypse.

Et Jésus, dans l'Évangile, commençait son premier enseignement par ces neuf béatitudes que nous venons d'entendre, qui s'ouvrent chacune sur ce mot : « Heureux ! », Bonheur à toi. Comme une promesse. Ces béatitudes dessinent d'abord la figure de Jésus lui-même qui les prononce, mais Mady, à sa manière, a sûrement vécu ces béatitudes dont une seule suffit à ouvrir les portes du Royaume. Et nous sommes rassemblés pour en témoigner.

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PENTECÔTE 2020 RECEVOIR L'ESPRIT D'AMOUR père Lizier de Bardies

1 juin 2020

Chers frères et soeurs
Vous en souvient-il ? Nous nous sommes rassemblés le dimanche, pour la dernière fois, le 8 mars dernier, alors que l'Église entrait dans la seconde semaine de carême. Le samedi suivant le gouvernement décrétait le confinement général de la population, et tous les lieux recevant du public – des cafés aux cinémas, des théâtres aux restaurants, des musées aux églises, aux mosquées et aux synagogues – devaient fermer le jour-même à minuit. Et c'est ainsi que nous, chrétiens, n'avons pu célébrer ni les autres dimanches de carême, ni les jours saints, ni la messe chrismale, ni les fêtes pascales et les dimanches du temps pascal, ni aucun baptême ou confirmation d'enfants ni d'adultes : la vie liturgique, sacramentelle et publique de l'Église s'est brutalement arrêtée, dans une situation totalement inédite, renvoyant chacun ou chaque famille à sa solitude et à son isolement.
Que de souffrances cet arrêt sur image n'a-t-il pas engendrées ! Les miracles de la technique moderne et de la transmission numérique sur nos écrans nous ont permis de nous rendre, au moins en esprit, présents aux messes retransmises, que ce soit depuis la grandiose basilique saint Pierre de Rome, miraculeusement vide, l'humble studio des dominicains sur France 2, ou encore les églises de nos paroisses rapidement munies d'une maladroite caméra.
Frères et soeurs, il n'est pas indifférent que nous puissions nous retrouver pour Pentecôte – et encore dans quelles conditions : disséminés, masqués, méfiants les uns des autres ! Car la fête de Pentecôte est la grande fête de l'Église.
*En effet qu'est-ce que l'Église sinon d'abord le rassemblement des enfants de Dieu dans l'unité ? La prière de Jésus pour l'unité de ses disciples, celle-là même que nous entendions ces derniers jours lors des messes quotidiennes, est exaucée aujourd'hui : chacun dans sa langue maternelle communie à la même louange des merveilles de Dieu, malgré la diversité des origines et des cultures : la naissance de l'Église a bien lieu aujourd'hui, dans cette irruption de l'Esprit Saint, dans ce grand coup de vent dans la maison des Apôtres. L'Esprit mène à son achèvement l'oeuvre de Jésus.
Jésus lui-même avait promis à ses disciples que d'auprès du Père il leur enverrait l'Esprit-Saint, leur enjoignant de demeurer à Jérusalem en attendant d'être revêtus de cette force venue d'en-haut. Et les apôtres, vigilant dans la prière, avec Marie, se préparaient à accueillir cet Esprit-Saint, dont la venue était imprévisible, mais donc pas inattendue.
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24/05/2020 7è Dimanche de Pâques

24 mai 2020

Homélie 17,1b-11a  mgr G. Pontier

Voilà que nous allons retrouver la possibilité de reprendre les célébrations dans nos églises, ensemble, avec prudence et sens des responsabilités. C'est une grande joie pour nous tous, même si nous ne sommes pas demeurés comme des abandonnés. Nous avons bénéficié de nombreuses propositions de soutien pour notre prière et pour la vie de charité. L'année liturgique s'est poursuivie. Nous avons terminé le carême avec les grands moments de la semaine sainte dans la solitude de nos maisons. Nous venons de fêter l'Ascension du Seigneur.

La liturgie de reprise de ce dimanche nous invite à rejoindre ce temps de retrait des Apôtres, des disciples, de femmes, dont Marie, la mère de Jésus, regroupés dans la « chambre haute » pour attendre ce que Jésus leur a promis, l'envoi de l'Esprit-Saint. Comme de bons juifs, ils se préparent à la fête de Shavouot, nourris par ce qu'ils viennent de vivre, les apparitions du Ressuscité, le partage du pain et du vin, ses derniers enseignements.

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ASCENSION ÉCOUTER LA PAROLE 23 MAI 2020 père Lizier de Bardies

21 mai 2020

Pendant toute la période du confinement beaucoup de prêtres et de paroisses ont déployé des prodiges d'ingéniosité et de ténacité pour rejoindre leurs ouailles par les réseaux numériques. Combien de curés ne se sont-ils pas astreints à apprendre à manier facebook, uoutube, ou autre zoom, afin que les paroissiens puissent suivre depuis chez eux et sur leurs écrans les messes que les pasteurs célébraient seuls dans leur église ou leur presbytère, face à quelque opérateur qui tenait la caméra. Des temps d'adoration virtuelle ont été aussi proposés via des images en plan fixe, sur le Saint-Sacrement exposé. Il s'agissait de donner à voir, donner à voir la messe, donner à voir l'hostie, la vue étant convoquée à la prière…
Tout cela a fait beaucoup de bien, et a permis à beaucoup de fidèles de se sentir accompagnés, soutenus, et même rejoints par leurs prêtres, même si l'absence de la communion autre que spirituelle comme de la présence réelle de l'assemblée marquait de plus en plus au fil des jours et des semaines.
Tout cela est – redisons-le – bel et bon, et il y a longtemps que les messes dominicales (sans parler des grands rassemblements comme par exemple les Journées mondiales de la jeunesse) retransmises depuis des décennies sur les écrans de monde entier rendent de singuliers services aux chrétiens empêchés de se joindre à l'assemble le jour du Seigneur. Mais cette omniprésence du dieu-écran ne doit pas nous égarer : le christianisme est religion de la parole et en aucun cas religion de la vue ou de la vision, et c'est d'abord cette Parole qu'il faut transmettre et annoncer, via aussi toutes les possibilités qu'offrent les réseaux numériques, bien plus que des images. La foi naît de l'audition, comme l'écrit saint Paul aux Romains. L'image conduit à l'idole.
Dans la Bible, Dieu se donne à entendre, il se révèle par sa parole, il est le Nom à invoquer, mais il ne se donne jamais à voir, et le premier commandement que recevra Moïse sur le Sinaï comportera cette clause : « Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre. » Car la parole, précisément, ‘dit' quelque chose, elle interpelle, elle établit une relation, elle propose une alliance ; on peut l'écouter ou la rejeter, lui obéir ou la nier, mais la parole ne se laisse ni saisir ni enfermer. L'image, elle, ne ‘dit' rien, elle enferme, elle capte et hypnotise, on peut mette la main sur elle, la posséder. Elle est immobile, inerte, nie toute relation car elle renvoie à soi-même. Elle est mortifère.
La Parole, elle, est créatrice, elle est Esprit et elle est Vie.

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