Une église-sanctuaire au cœur de Toulouse

Sanctuaire Saint-Jérôme L'adoration perpétuelle au cœur de Toulouse

Homélie du Dimanche 26 Mai 2024

26 mai 2024

Dieu Trinité, La Fête de la Trinité. Voilà bien des mots abstraits derrière lesquels se cache la révélation du Dieu qui s'est fait connaître à nous dans l'histoire humaine. Voici un peu plus d'un mois, la fête de Pâques nous révélait le visage du Dieu-Trinité aimant jusqu'au bout, le don que le Fils bien-aimé faisait de sa vie pour le salut du monde. En Lui, par Lui, la vie triomphait de la mort, la haine était vaincue par le pardon, l'Amour triomphait. Il y a une semaine, la fête de Pentecôte nous montrait le Dieu-Trinité poursuivant son œuvre de salut dans la vie et dans le cœur des disciples, en répandant son Esprit de vie et d'amour dans leur cœur et en les envoyant en mission : les portes de leur cœur s'ouvraient comme celles du lieu où ils vivaient dans la peur. Ils étaient les disciples envoyés en mission, poursuivant l'œuvre de salut au Souffle de l'Esprit consolateur. L'Eglise naissait, envoyée en mission.

Aujourd'hui, voici la fête de la Sainte Trinité, jour de fête où nous rendons grâce au Dieu qui s'est révélé à nous comme ce Dieu-Trinité d'amour, origine de toute vie, source de tout amour. Nous rendons grâce à Dieu parce qu'Il est ce Dieu d'amour, ce Dieu débordant d'amour. Sa toute-puissance n'est pas celle d'un monarque sans cœur, désireux de pouvoir et de domination. Il n'a pas créé par puissance ou par besoin. Il a créé par amour. Il est Tout Puissant en Amour parce qu'Il est Trinité de personnes en qui la vie se révèle comme un mystérieux échange d'amour qui est la source de toute vie.

L'apôtre Paul dans l'hymne qui commence sa lettre aux Ephésiens rend grâce à Celui « dont la richesse de la grâce déborde jusqu' à nous ». La vie est un débordement du cœur du Dieu, Trinité d'amour. A l'origine de toute vie il y a une intention, un projet, un sens : ouvrir la vie divine à des créatures appelées à entrer dans cette vie, la seule qui soit de toujours à toujours, la seule qui soit créatrice, la seule qui triomphe de toute forme de repli sur soi, de toute violence, de tout enfermement.

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Sainte Trinité…Il a fallu des siècles et il faut toute une vie…

24 mai 2024

On le dit pour bien des « choses de la vie »:  « il faut du temps » ! Du temps pour accueillir et concevoir, du temps pour expérimenter, pour ressentir et prendre conscience. Comme il a fallu des siècles et  pas moins d'une vie pour « entrer dans le Mystère de Dieu ». Mais attention, « Mystère » ne veut pas inaccessible mais bien plutôt « appel à découvrir » et de manière vitale que nous sommes faits pour « les choses de Dieu » et que notre vie ne se comprend vraiment qu'avec Dieu. On peut logiquement utiliser sa part d'intelligence pour y entrer rationnellement ou s'arrêter à une forme d'émotion… Mais on n'explique pas « le Mystère d'un Dieu en trois personnes », « un Dieu de communion »,  il ne se prouve pas, ne se démontre pas, il s'accueille et se révèle à nous ! Ecoutez Saint Paul nous parler de ce cheminement:  « Ce n'est pas que j'ai atteint la perfection, mais je poursuis ma course pour tâcher de saisir puisque j'ai moi-même été saisi par le Christ Jésus » (Philippiens 3, 12). « Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés » (I Jean 4, 10). C'est la réalité de Dieu qui vient à nous et non pas nous à lui ! Le génie du Christianisme est de nous faire entrer par la personne de Jésus, dans ce « mystère de communion ». Au regard des siècles, et encore aujourd'hui, l'homme est comme obsédé par « l'idée de Dieu », de son existence ou de sa non existence, de son enjeu pour nos vies et pour le monde. Au point de s'en être fabriqué des « images » (« eidôlon  » en grec, « idôles »), des concepts à la mesure de ses besoins ou de ses envies. Mais l'Evangile nous parle de l'expérience, à la fois spirituelle et profondément humaine, de ceux que Jésus appela ses Apôtres. Ils partagèrent son existence, l'écoutèrent, le suivirent et l'aimèrent jusqu'à l'expérience forte de la Croix et de la Résurrection. Jésus a cheminé avec eux, comme il chemine avec nous et « nous explique les Ecritures ».  Alors, relisons les lectures de ce dimanche, elles portent ce message nuancé ; « C'est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre, il n'y en a pas d'autres » (Deutéronome 4, 32-40)… « Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils et en lui nous crions Abba, Père » (Romains 8, 14-17). « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre, allez, de toutes les nations faîtes des disciples et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit » (Matthieu 28, 16-20)…Il a fallu des siècles et il faut toute une vie  pour entrer dans cette communion…Père Michel Pagès, recteur du Sanctuaire

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Homélie du Dimanche 19 Mai 2024 Pentecôte

19 mai 2024

Pâques, il y a cinquante jours, nous faisait entrer dans la joie de Marie Madeleine, de Jean, le disciple que Jésus aimait, des pèlerins d'Emmaüs : « Le Seigneur est ressuscité ! Pourquoi chercher parmi les morts Celui qui est vivant ! » La vie a vaincu la mort. Et le Ressuscité ouvrait peu à peu le cœur de ses disciples fermés à cette réalité nouvelle : Oui, Le crucifié est bien ressuscité et l'Esprit promis va être répandu dans les cœurs : Esprit de Vérité, Défenseur de l'œuvre de Dieu, Celui qui poursuit l'œuvre d'amour voulu par le Dieu créateur.
Et Dieu continue son œuvre : celle de l'amour sauveur, celle de Celui qui vient défendre son œuvre de vie et d'amour, son Alliance entre Lui et ses créatures. Et voilà Pentecôte, ce moment où l'Esprit pénètre le cœur de ceux et celles qui sont réunis au Cénacle : Esprit qui éclaire, qui purifie, qui fortifie, qui fait comprendre, qui envoie annoncer l'œuvre de Dieu à ceux qui l'accueillent en eux-mêmes. A Pentecôte est manifestée cette œuvre de Dieu : son Esprit agit dans les cœurs de chacun et il agit pour conduire à une vie fraternelle universelle : Les langues de feu viennent reposer sur chacun de ceux qui sont rassemblés et elles poussent tous les peuples présents à entendre l'invitation à la fraternité universelle : « Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. » Il n'y a pas d'exclus pour Dieu. Tous sont cherchés. Chacun est appelé à se laisser éclairer et sauver par cette merveilleuse et inattendue fidélité de Dieu.
Et nous voilà les témoins de cette œuvre de l'Esprit dans le cœur de ceux qui l'accueillent et dans le monde : œuvre de reconstruction, œuvre de lumière, de clarté, de force intérieure, de résistance au mal. Nous en sommes témoins dans nos propres vies. Nous pourrions nous redire comment l'Esprit est venu et vient encore jusqu'à nous dans notre propre histoire personnelle. Nous pourrions aussi partager notre émerveillement devant la force intérieure d'hommes et de femmes mille fois relevés au-delà des épreuves traversées. Pâques continue et l'Esprit de Pentecôte achève la victoire du Fils bien aimé sur la mort et sur ce qui défigure l'homme et la vie des hommes entre eux.

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« Dieu existe, l'Esprit est là »…

17 mai 2024

« Quand viendra l'Esprit, il rendra témoignage et vous aussi, vous rendrez témoignage » (Jean 15, 26-27). C'est l'appel de Jésus et le fait d'avoir été témoin de sa mort et de sa Résurrection qui fait les Apôtres, mais c'est la venue de l'Esprit Saint qui donne corps à leur mission. Il en est de même pour nous, baptisés : « La mission de l'Eglise s'accomplit dans l'obéissance à l'ordre du Christ, mais aussi par la grâce de l'Esprit Saint et l'exercice de la charité » (Ad gentes 5). On dit aussi cela des prêtres : « c'est l'exercice loyal et inlassable de leurs fonctions dans l'Esprit, qui fait le prêtre » (Presbyterorum ordinis 12-13). Le récit de l'événement de la Pentecôte (Actes 2, 1-11) nous invite à nous identifier toujours davantage au Christ, par le don de l'Esprit Saint. On dit souvent du sacrement de la Confirmation qu'il est « notre Pentecôte » quand nous le recevons. C'est à ce point concret et sensible qu'on soupçonnera les disciples « d'être plein de vin doux » ! Et Pierre répondra : « non, ces hommes ne sont pas ivres, comme vous le pensez, car ce n'est que la troisième heure, neuf heure du matin ». Ce détail pittoresque et concret nous fait prendre conscience du réalisme de l'Esprit Saint en nos vies. En effet, l'Esprit Saint est comme l'âme du chrétien et de l'Eglise. Il surprend, il renouvelle, il convertit les actes, il modifie les comportements, il introduit dans l'homme, une action qui divinise au point de troubler ou de « rendre saoul » ! Avons-nous pris conscience de cela ? L'Esprit Saint veut nous renouveler à ce point que les Pères des premiers siècles aimaient faire le lien  entre « le vin doux qui trouble » et ce passage de l'Evangile : « Personne ne met de vin nouveau dans de vieilles poutres, autrement le vin nouveau fait éclater les outres, à vin nouveau, outres neuves » (Luc 5, 37). Dans ce sens, les Pères nous questionnent, et n'en soyons pas offusqués : Sommes-nous de « vieilles outres » ou « des outres neuves » ? La vie concrète, avec son lot de difficultés, ne manque pas de nous durcir, nous scléroser, elle peut paralyser nos cœurs, nos volontés, nos forces, notre dynamisme et notre intelligences. Sommes-nous si différents du monde qui nous entoure ? Sommes-nous si sûrs de vivre de vivre « dans l'Esprit » ? au point que l'on dise :« Nous les entendons parler dans nos langues, des merveilles de de Dieu » (Actes 2, 11). Le Pape Benoit XVI invitait à sa façon, les chrétiens à donner goût « par attraction » et « dans la curiosité du témoignage » ! Où en sommes-nous ? « Dieu existe, l'Esprit est là, il faut juste, s'en préoccuper un peu »(témoignage chanteur Hervé Vilard).    Père Michel Pagès, recteur du Sanctuaire

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Homélie du Dimanche 12 Mai 2024

12 mai 2024

Entre la fête de l'Ascension et celle de Pentecôte, la liturgie propose à notre méditation la longue prière de Jésus qui conclue le chapitre 17ème de l'Evangile de St Jean, juste avant que ne commence au chapitre 18ème le récit de son arrestation, de sa mort et de sa résurrection. Cette prière nous fait entrer dans le cœur à cœur entre le Père et le Fils, dans la communion divine. Après avoir prié le Père de le conduire à sa glorification par sa mort et sa résurrection, voilà que le Fils Bien-aimé prie le Père pour ses disciples : « Père Saint, garde mes disciples unis dans ton nom que tu m'as donné, pour qu'ils soient un, comme nous-mêmes. » Le drame de la passion va avoir lieu et le risque de la division et de la dispersion de ses disciples est bien là. Alors, Jésus associe ses disciples à ce combat de l'amour jusqu'au bout qu'il va mener en faisant de sa vie un don pour que soit révélé à tous l'amour infini de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde qu'Il a envoyé son Fils unique pour que le monde soit sauvé. » Et voilà ses disciples associés au combat de Dieu dans ce monde, ce combat de l'amour mené par le Christ durant toute sa vie.

Ce combat de Dieu dans ce monde se poursuit. Certes la victoire a été acquise par le Fils incarné, devenu l'un de nous, « Il a aimé jusqu'au bout », « Il a donné le pardon ». « Il est ressuscité » Mais les fruits de cette victoire sont toujours et encore à accueillir dans un combat contre l'Adversaire représenté ici par ceux qui sont désignés comme « le monde » « le monde les a pris en haine parce qu'ils n'appartiennent pas au monde, de même que moi, je n'appartiens pas au monde ». Cette expression « le monde » a deux significations dans l'évangile de Jean. Parfois elle désigne « tous les hommes dans leur unité de créatures aimées de Dieu » et parfois elle désigne « ceux qui n'ont pas accueilli, ceux qui n'ont pas cru, ceux qui l'ont rejeté. » Et ici la prière de Jésus pour ses disciples les associe à sa mission : être dans le monde pour annoncer le Dieu d'amour, le Père, et en même temps résister comme Lui aux forces du monde qui rejettent le visage du Dieu d'amour. Et voilà notre vocation de baptisés. Oui, nous sommes du monde, nous aimons ce monde, nous rendons grâce à Dieu pour ce monde. Mais nous résistons aux forces qui dans ce monde refusent Dieu, reconnu comme le tout aimant. Nous empruntons le chemin de Celui qui a dit « Je suis le chemin, a vérité et la vie. »

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Le « rapport au monde »…

10 mai 2024

L'enseignement de Jésus (Jean 17, 11-19) nous remet en face de ce mystérieux « rapport au monde » qu'il a lui-même assumé. Le sujet est récurrent dans l'Eglise et dans le vécu de notre Foi. L'histoire atteste même de la difficulté à lui donner un visage. Il suffit de se souvenir des premiers siècles où les chrétiens n'ont cessé de connaître rejets et persécutions. Ce n'est un secret pour personne de savoir qu'en ces temps que nous vivons, la difficulté à affirmer sa foi n'est pas un vain mot. Jésus nous a averti : « le monde les a pris en haine parce qu'ils n'appartiennent pas au monde ». A sa façon, Saint Paul dira ; « Ne vous y trompez pas, vous êtes concitoyens des saints » (Ep 2, 19).

Et pourtant cette affirmation ; « Je ne te demande pas que tu les retires du monde mais que tu les gardes du Mauvais » ! Un philosophe français écrivait ; « Face aux incroyants, cultiver tout ce qui nous unit, mais ne jamais renoncer à ce qui nous distingue, sinon, l'union extérieure se fera aux dépens de notre propre cohésion intérieure. Le chrétien est, à la fois, le plus distinct et le moins séparé de tous les hommes »…Gustave Thibon 1903-2001). Juste et périlleux équilibre dans lequel nous sommes toujours !C'est Jésus lui-même qui nous apprend comment vivre ces situations d'équilibre ; « Consacre-les /Sanctifie-les dans la vérité, ta parole est vérité »…la « consécration » ou la « sanctification » a quelque chose à voir avec le fait de « séparer une personne ou un objet du monde profane pour le faire entrer dans le domaine de  Dieu » sans pour autant lui faire  rejeter le monde. Alors pourquoi s'étonner de cette « juste distance au monde » qui veut dire aussi « juste présence ». On apprend cela dans la Pastorale de la santé, dans le rapport aux soignants, aux familles et aux malades et c'est une école précieuse ! « Ta parole est vérité ». C'est bien le rapport fidèle à la Parole de Dieu qui nous rend capable de vivre cet équilibre. Cette Parole est chemin et vie, elle montre la route et le juste rapport aux choses et aux personnes.

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