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LA RENCONTRE ENTRE LE PAPE ET LE CARDINAL BARBARIN

Père Lizier de Bardies |  21 mars 2019

Condamné en première instance à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les abus
commis par un prêtre de son diocèse, l'archevêque de Lyon se met en retrait pour quelque temps, et
laisse son diocèse sous la conduite de son vicaire général. Le procès en appel pourrait se tenir d’ici à
la fin de l’année.
« Lundi matin, j'ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption
d'innocence, il n'a pas voulu accepter cette démission », explique le cardinal Barbarin dans un communiqué publié mardi 19 mars, au lendemain de sa venue au Vatican.
« Il m'a laissé la liberté de prendre la décision qui me paraît la meilleure pour la vie du diocèse de Lyon, aujourd'hui. À sa suggestion et parce que l'Église de Lyon souffre depuis 3ans, j'ai décidé de me mettre en retrait pour
quelque temps et de laisser la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten.

Cette décision prend effet à compter de ce jour », conclut le cardinal Barbarin dans ce court communiqué.
Le 7 mars dernier, le tribunal correctionnel de Lyon avait rendu son verdict dans le procès
du cardinal Barbarin, condamnant l'archevêque de Lyon à six mois de prison avec
sursis pour non-dénonciation de mauvais traitement envers des mineurs, commis par
un prêtre de son diocèse. Prenant acte de ce jugement, le cardinal Barbarin avait annoncé
son intention de présenter sa démission au Pape. Son évêque auxiliaire, Mgr EmmanuelGobilliard,

a précisé par la suite que l’archevêque de Lyon avait déjà pris cette décision
15 jours auparavant, et qu’il comptait donc remettre sa charge entre les mains du Pape
quel que soit le verdict.
La condamnation de l'archevêque de Lyon était peut-être inévitable dans le contexte
médiatique dans lequel nous sommes : il porte la faute de ses trois prédécesseurs archevêques
de Lyon, celle du clergé lyonnais, celle des familles des scouts, qui n'ont pas su
sauver les jeunes, les écouter, dénoncer publiquement
les faits ; il porte la faute de l'Église, qui par l'attitude de ses membres et de ses responsables, s'est protégée ellemême plutôt que protéger les victimes.
Cette condamnation a cependant surpris, et surpris par sa sévérité : rappelons simplement
que le même tribunal de Lyon avait en août 2016 acquitté l'archevêque de toute intention
d'obstruction de la justice ou de mise en danger de la vie d'autrui. Quand l'archevêque
a appris les actes criminels de son prêtre (qui n'a toujours pas été jugé à ce
jour), les faits présumés qui remontaient à plus de 25 ans étaient juridiquement prescrits,
et la justice n'avait jamais été saisie, ni par les familles, ni par les victimes, ni par les
nombreuses personnes qui n'ignoraient pas
ces faits. Les avocats du cardinal ont fait appel. Son deuxième procès pourrait se tenir d'ici à la fin
de l'année. En droit français, le cardinal Barbarin demeure donc présumé innocent jusqu’à
la fin de cette procédure. LB